Photo: Stéphane Lessard. Archives du Séminaire Saint-Joseph.
Photo: Stéphane Lessard. Archives du Séminaire Saint-Joseph.

Les archives privées méritent plus d’attention de la part du gouvernement

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Dans un article du journaliste Jean-François Nadeau paru le 10 septembre dans le quotidien Le Devoir, Plus d’argent pour restaurer les maisons patrimoniales, on nous informe que «Québec bonifiera de 21,6 millions $, au cours des trois prochaines années, son programme de restauration et de rénovation des maisons anciennes dans les municipalités». Ce programme comptait déjà 30 millions $ depuis décembre 2019.

Je ne peux que saluer ce nouvel apport d’argent.

Toutefois, là où le bât blesse c’est quand on apprend que ces sommes additionnelles étaient devenues nécessaires car selon la ministre de la Culture et des Communications, madame Nathalie Roy, «les demandes ont été grandes». Le besoin augmente, ce qui a conduit à gonfler le programme.

C’est, à mon sens, on ne peut plus louable et justifié.

Je suis d’ailleurs ravie, quand, dans le même texte, la ministre nous assure «qu’un dossier aussi important que le patrimoine, qui touche à nos racines, qui touche à notre histoire, qui touche à notre identité, ça mobilise toute notre équipe au conseil des ministres, et c’est une priorité pour notre gouvernement».

Pourquoi, alors, après maintes et répétées requêtes d’un budget bonifié pour rencontrer les besoins des services d’archives privées agréés, n’a-t-on pas pu obtenir davantage de la part du gouvernement?

Pourquoi, lorsqu’il est question des programmes, sous la gouverne de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui s’occupent, depuis 1990, de soutenir, protéger, mettre en valeur et rendre accessibles les archives privées, ne peut-on pas obtenir des sommes qui répondent adéquatement aux besoins réels du milieu?

On ne parle pas ici de 20 ou 30 millions $. Pour l’ensemble du Québec, pour l’heure, 4 millions $ suffiraient, pour un temps, à assurer la pérennité des institutions du savoir qui prennent soin de ces précieuses archives, «…nos racines, …notre histoire, …notre identité»!

Si «la restauration de notre patrimoine bâti, ça nécessite beaucoup de ressources», comme l’indique la ministre, et puisqu’il «vaut mieux prévenir que guérir», la situation des archives privées au Québec en demande tout autant et mérite, madame la ministre, rapidement, votre généreuse attention.

Suzanne Girard
Archiviste à la retraite
Trois-Rivières