Tous les organismes communautaires ont un rôle significatif auprès des personnes vulnérables et avec des problématiques spécifiques. Il est essentiel de reconnaître tout le travail et l’expertise associés à leurs actions dans la communauté.

Les agressions sexuelles: un ouragan social, oui mais…

Je ne suis pas une experte en météo mais il me semble que la venue et la gestion des conséquences d’un ouragan sont gérées à la dernière minute parce que dans un premier temps on ne peut toujours prévoir son arrivée.

La nature humaine n’a pas de contrôle sur les forces de la nature. Toutefois, plusieurs écologistes vous diront que les changements climatiques que nous vivons sont causés par l’activité humaine et que nous pourrions réagir. Cela est un autre débat auquel il faut bien réfléchir.

Le parallèle que je veux amener dans ce mot est que la problématique sociale des agressions à caractère sexuel ne peut être traitée au même titre qu’un évènement ponctuel mais plutôt comme une responsabilité collective à laquelle nous avons le pouvoir de réagir en amont et en aval.

En amont, parce que depuis de nombreuses années les CALACS rencontrent annuellement les jeunes et la population pour les sensibiliser à la problématique des agressions à caractère sexuel. 

Ces rencontres de sensibilisation, pour qu’elles agissent de façon significative dans les attitudes et changements de comportements, doivent s’inscrire dans un continuum d’ateliers sur la notion de consentement, les rapports de pouvoir entre filles et gars, les stéréotypes sexuels, les mythes et préjugés reliés aux victimes et une conscientisation face à leur rôle social. 

Ce que nous ne pouvons assurer présentement, faute de ressources humaines. Nous avons un programme bien structuré s’adressant aux jeunes, le programme «Empreinte», qu’il nous est difficile de déployer actuellement et pour lequel il faudrait un engagement réel des instances décisionnelles.

En aval, il nous faut informer les victimes d’agressions sexuelles des ressources disponibles pour leur venir en aide et les soutenir dans leur processus de dévoilement ou de dénonciation passant par une reprise de pouvoir sur leur vie qu’elles ont perdue à la suite de la violence vécue. Toutefois, ces ressources sont trop souvent insuffisantes pour répondre aux besoins.

Alors, il est faux de croire que nous pouvons gérer cette problématique comme un ouragan qui passe faisant des dommages que nous ne pouvons prévoir. Depuis de nombreuses années, les CALACS interpellent tous les acteurs afin de les sensibiliser à l’urgence d’agir, il semblerait que leur appel à un soutien réel ne soit par entendu.

Nous saluons le fonds d’urgence annoncé par la ministre Hélène David. Toutefois, un fonds d’urgence implique nullement un engagement réel à moyen ou long terme dans la prévention et sensibilisation et le soutien offert aux victimes. 

Tous les organismes communautaires ont un rôle significatif auprès des personnes vulnérables et avec des problématiques spécifiques. Il est essentiel de reconnaître tout le travail et l’expertise associés à leurs actions dans la communauté.

Nicole Hamel

Coordonnatrice

CALACS Entraid’Action