Rodolphe Duguay, Érable, fusain sur papier Ingres, 44,5 x 55,3 cm., Coll. Musée Pierre-Boucher.

L'érable à sucre

La sortie attendue du film documentaire Le goût d'un pays de Francis Legault a pu susciter l'attention des médias, et Le Nouvelliste aura permis au journaliste François Houde d'inviter le public à profiter de la chance qu'offre le cinéma Le Tapis rouge de voir sur grand écran ce documentaire pour y savourer les propos de Gilles Vigneault et Fred Pellerin aussi coulants et goûteux que le sirop doré dont ils en tirent les métaphoriques réflexions appliquées à l'identitaire québécois, et ce, que d'autres intervenants viennent corroborer.
Et me venait en tête une oeuvre de l'artiste Rodolphe Duguay, l'image d'un magnifique dessin au fusain intitulé Érable si fortement expressif des symboliques évoquées.
Et poussant encore plus loin la réflexion, sous le titre évocateur L'érable à sucre, pourquoi le Québec ne présenterait pas l'acériculture comme proposition à soumettre au Comité du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO?
Même si ce comité hésiterait à étudier une telle proposition parce que le Canada depuis 11 ans n'a toujours pas signé la Convention ad hoc, du moins le Québec serait on ne peut plus justifié de faire pareille demande.
Cette tradition d'un rituel printanier qui se perpétue dans un coin de pays de part et d'autre du fleuve Saint-Laurent, nous le devons à la présence millénaire des premiers habitants amérindiens qui on fait «découvrir» aux colons français leur génial cadeau.
Et depuis, les «gens du pays» n'auront de cesse de célébrer la sève de l'érable à sucre, une culture immémoriale au patrimoine de l'humanité.
Lévis Martin
Trois-Rivières