L'éducation, c'est l'affaire de tous

J'ai pris ma retraite cet automne comme surveillant d'élèves. Mon expérience de grand-papa, doublée de mon passage court (cinq ans) mais combien bénéfique auprès de clientèles régulières et handicapées à l'école secondaire Val-Mauricie, m'amènent à vous partager certaines observations.
On pourra proposer ou avoir maintes initiatives pour améliorer le système d'éducation. Pourquoi les jeunes lâchent? Pourquoi les garçons tirent de la patte à l'école? Qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour garder les jeunes à l'école? Avoir des programmes mieux adaptés à la situation, plus d'encadrement, davantage de sport, etc.
Selon moi, il y a aussi le contexte, le climat, les relations. On est à l'époque des communications, des réseaux sociaux. N'y a-t-il pas quelque chose la à regarder! Serait-ce que le milieu n'est pas assez motivant?
Éduquer, c'est l'affaire de tous et en premier des parents: bien débuter dans la vie, c'est crucial. Profitons du moment présent avec les nôtres: «Le temps passe si vite et ne se rattrape pas.»
On les vieillit trop vite nos petits. On les envoie à la garderie, puis c'est pas long qu'ils ont des tâches: faire leur lit, et un peu plus tard, viennent les travaux: passer la balayeuse, passer la tondeuse. Combien les enfants et plus encore l'ado, ont besoin d'un adulte, ses parents qui le connaissent mieux que n'importe qui. Ça viendra bien assez vite pour le jeune de décider, d'assumer ses gestes et les conséquences.
Mon père m'a répété, jeune ado et plus tard, que la discipline, la rigueur, le travail forgent le caractère et le respect et la politesse ont toujours leur place, et ça peut faire une différence. Reprendre le contrôle, par exemple, ça signifie qu'un bon geste (service rendu) mérite une récompense, tandis qu'un geste repréhensible (impolitesse) doit avoir une conséquence.
Éduquer, c'est aussi l'affaire des profs: les jeunes sont à l'école cinq heures par jour. À nous, comme intervenants, d'exiger rigueur et tact dans l'utilisation des différents outils pédagogiques. Oui, des bons coups (fort résultat dans une matière), ça mérite des félicitations tout comme une bévue (manque de respect, gros mots envers un enseignant) mérite une conséquence. 
Il ne faut surtout pas oublier que ces jeunes ados entre 12 et 17 ans ne savent pas toujours ce qu'ils vont faire plus tard et ont besoin de notre accompagnement.
Personnellement, comme surveillant d'élèves, j'ai rencontré des jeunes ados extraordinaires de par leur franchise, transparence, simplicité, joie de vivre: les Jérémie, Rosalie, Simon, Michael, les François, Keven, Camille et Cynthia, qui m'ont permis de rester les deux pieds sur terre.
Mon approche humaine, personnalisée (j'abordais les jeunes par leur prénom) m'a permis de garder un bon contact avec ces jeunes qui n'ont pas toujours eu la vie facile. Un jour, je me rappelle qu'une fille me dit: «hé! monsieur, j'ai tu fait quelque chose de pas correct?»
Et je me souviens de ma première journée ou j'ai abordé les jeunes: respectez-moi et je vais vous respecter. Oui, le respect, la politesse étaient de mise et je n'ai, à ma souvenance, pas rencontré de problème.
Trop peu trop tard pensez-vous? Non, il s'agit de mettre l'épaule à la roue: parents, profs, jeunes. Respecter et être poli, voilà deux verbes à conjuguer à nouveau au présent.
André Gendron
Shawinigan