Selon l’auteure de ce texte, Martine Ouellet jouit d’un positionnement extraordinaire pour mener efficacement les troupes bloquistes. Elle connaît bien l’Assemblée nationale pour y être élue et elle connaît bien désormais la Chambre des communes. Il serait ridicule, estime Sacki Carignan Deschamps, que le mouvement souverainiste se prive d’un tel point de vue unique.

Le transparlementarisme est une idée très simple

Le transparlementarisme est une idée très simple. C’est le fait de réfléchir de façon transversale. Réfléchir transversalement est un concept qui existe déjà depuis longtemps. C’est le fait de faire appel à plusieurs connaissances de différents domaines pour arriver à saisir des enjeux sociaux qui, à l’heure où on se parle, sont de plus en plus complexes. On ne peut plus penser en vase clos depuis belle lurette.

Voici un exemple concret: l’immigration. L’immigration est un domaine de compétences partagées, c’est-à-dire que le provincial et le fédéral ont leur mot à dire. Petit rappel: notre réalité sociale est soumise à trois paliers de gouvernements au Canada: le municipal, le provincial et le fédéral. Donc, comme peuple, si nous voulons réfléchir à l’avenir de l’immigration et aux formes qu’elle doit prendre, nous devons obligatoirement bien connaître les lois canadiennes afin de comprendre notamment en quoi elles peuvent nous servir ou nous desservir. Remarquez, la loi canadienne est davantage source d’embûches pour notre spécificité socioculturelle qu’autre chose mais, comme il peut y avoir des exceptions qui confirment la règle, j’aime mieux vous expliquer le concept de transparlementarisme dans son ensemble.

C’est ce que le Bloc québécois fait depuis toujours me direz-vous et, d’une certaine façon, c’est vrai. Mais qu’est-ce qui est donc nouveau dans l’approche de notre chef légitimement élue, Martine Ouellet?

Elle est pleinement consciente de ce rôle et de cette responsabilité et compte l’assumer comme jamais. Elle connaît bien l’Assemblée nationale pour y être élue et elle connaît bien désormais la Chambre des communes. Son positionnement est extraordinaire. Notre mouvement tout entier serait ridicule de se priver d’un tel point de vue unique.

C’est fini le temps des: «Oh! À Ottawa, on ne touche pas à ce dossier car ça relève du provincial» ou «Oh! À Québec, on ne touche pas à ce dossier car ça relève du fédéral». Vous pensez que dans la crise actuelle au Bloc on est comme dans un jeu de quilles mais, en vérité, c’est dans le Canada que les Québécois sont comme dans un jeu de quilles. C’est dans le Canada qu’on ne peut jamais prendre à bras le corps nos problèmes-défis et trouver des solutions concrètes parce que la valse des responsabilités fédérales-provinciales revient et on avance à pas de tortue et on n’arrive jamais à planifier notre développement collectif sur le long terme; souvent même pas le moyen-terme.

On essaie en ce moment – cela ne peut être orchestré que par les ennemis des Québécois – de vous faire croire que Madame Ouellet est folle. Elle invente des mots. Le transparlementarisme ça n’existe pas et, pourtant, ça existe. Le transparlementarisme est en action au moment même où on se parle et c’est pour ça que ça brasse autant. Plus on sera nous et fiers, plus on aura une chef debout, plus le Canada anglais nous crachera son dédain au visage. Plus nous approcherons de notre libération la tête haute, franchement, comme le fait la mouvance politique qui soutient Martine Ouellet, plus nos ennemis serreront les dents et à leur tour les Québécois cette fois-ci serreront les dents et pas les femmes. Fini les coincés. Fini les complexés. Fini les curés. Enfin, libre et sans entraves.

Elle est un monstre vous dit-on. Serez-vous dupes de cette farce évidente et si mal jouée? Je m’en remets à votre intelligence et je suis persuadée que non.

Sacki Carignan Deschamps

Bloc québécois

Saint-Maurice–Champlain