L'ancienne gare de Trois-Rivières.

Le train et le doublement de la 55: il nous les faut et nous les aurons!

En réaction à la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «Le train a encore déraillé», publié dans notre édition du 25 mars dernier.
Monsieur Beaudoin,
Vous me permettrez, sans aller jusqu'à vous tutoyer, étant donné que nous oeuvrons dans la région depuis plusieurs années et que vous connaissez tout des activités et des dossiers que la Chambre défend depuis sa fondation en 1881, de réagir à vos propos. Vous avez d'ailleurs écrit plusieurs chroniques sur nos prises de position ou sur des sujets qui nous tenaient ou nous tiennent toujours à coeur et nous vous en remercions.
Votre dernière chronique Le train a encore déraillé publiée dans Le Nouvelliste du 25 mars dernier, nous a secoués et, avouons-le, vous avez en partie raison. Il est vrai que le dernier budget fédéral nous a grandement déçus puisqu'on s'attendait à une annonce imminente sur le dossier du train à grande fréquence (TGF). Et là on en rajoute avec le budget provincial, déposé le 28 mars dernier, puisque Québec parle d'investir des milliards dans le Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec et dans le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et finalement pour le déploiement du service rapide par autobus (SRB) entre Québec et Lévis. Nous sommes heureux, pour ne pas dire envieux, de ces milliards de dollars en investissements, pour les infrastructures en transport dans les régions de Montréal et Québec, mais les autres régions du Québec ne doivent pas être oubliées. La Mauricie existe également.
La Chambre est à se demander si, au niveau politique, on a tenu pour acquise la région de la Mauricie. En effet, rien ou presque dans les deux budgets déposés ces derniers jours, ne concerne directement la région en ce qui a trait aux infrastructures de transport. On tente de nous faire croire que la sécurité sur nos routes et autoroutes, le transport en commun et le transport collectif sont des priorités pour nos deux paliers de gouvernement, mais on reporte ou on saupoudre les investissements nécessaires pour réaliser ces objectifs, du moins dans la région.
Un de vos confrères journaliste, M. René Vézina, chroniqueur au journal Les Affaires et blogueur sur LesAffaires.com a écrit dans son commentaire du 28 mars dernier: «Et le transport collectif en région, mis à mal par la baisse de l'offre de services depuis quelques années, hérite d'une petite enveloppe de 10 M$ sur cinq ans, alors que le gouvernement dit vouloir favoriser l'interconnectivité entre les acteurs présents sur le terrain». 
La Chambre continue à croire fermement que le TGF (sur la rive nord du fleuve) est une nécessité pour le Québec. La mise sur pied de ce projet d'envergure, qui rejoindra près des deux tiers de la population du Québec, facilitera les déplacements de tous les usagers et futurs usagers du transport en commun. Le fait de réaliser la mise sur pied d'un moyen de transport fiable, rapide, sécuritaire et à coût concurrentiel nous propulsera à des niveaux comparables aux déplacements que l'on retrouve en Europe, ou si près, et il contribuera à améliorer l'empreinte écologique que nous laisserons aux générations futures. 
La Chambre trifluvienne principalement et le Regroupement des chambres de commerce de la Mauricie continuent de croire à un dénouement heureux de ce projet depuis plus de trente ans et nous acceptons un délai de quelques semaines supplémentaires, mais nous poursuivrons tout de même nos interventions auprès de tous les élus. D'un même élan nous sollicitons l'appui de tous les députés de la Mauricie et également ceux de la rive sud du fleuve en cette année préélectorale au niveau provincial, pour la réalisation de ce projet. Il en va de même pour compléter le doublement de l'autoroute 55 qui, rappelons-le, a été aménagée à la suite de la construction du pont Laviolette en 1967.
Cher monsieur Beaudoin, vous vous souvenez sûrement du slogan de l'époque pour la construction du pont Laviolette: «Le pont, il nous le faut et nous l'aurons». Tous les journalistes de la région avaient interrogé pour ne pas dire harcelé les députés de la région et les ministres de l'époque, pour la construction du pont Laviolette. Que diriez-vous maintenant de refaire le même exercice avec un tout nouveau slogan: «Le TGF et le doublement de la 55, il nous les faut et nous les aurons».
Merci de votre collaboration habituelle et au plaisir.
Pierre Mercier, président
Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières
Karine Provencher, présidente
Regroupement des Chambres de Commerce de la Mauricie