La sénatrice Raymonde Saint-Germain et le sénateur Peter Harder, représentant du gouvernement au Sénat, au sortir de la séance du 19 juin dernier, au cours de laquelle on a entériné le projet de loi C-45 sur le cannabis.

Le Sénat s’effondre lamentablement devant Justin le fumeux!

Très longtemps décrié pour son inefficacité manifeste, conjuguée à de sulfureuses dépenses de fonds publics de ses membres et à un absentéisme insolent, le Sénat a bénéficié récemment de mesures de soutien cosmétiques (suppression de la ligne de parti, nominations de membres réputés indépendants, etc.) en vue de lui permettre de redorer son blason.

Le projet chéri de Justin Trudeau sur la légalisation du cannabis donnait au Sénat une occasion inespérée de démontrer son utilité, comme garant de l’intérêt national, socle de sa légitimité!

Les sénateurs, pour une fois résolument présents et actifs, ont proposé une série d’amendements bien pesés, dont deux méritent notre attention: d’abord, le droit des provinces et territoires de décider de l’autorisation de la culture à domicile et ensuite, la nécessaire transparence des origines du financement des plantations des hordes potentielles de cultivateurs de la précieuse herbe (et cela en accord direct avec le souci de Justin de couper le cannabis sous les pieds des mécréants du crime dit organisé).

Mais le fils de Pierre a dit «Non, non et non» à toutes les modifications proposées par le Sénat, en affirmant, en menteur éhonté, qu’il avait été élu pour cela...

En marge d’une poignée d’irréductibles – sans doute gaulois d’origine – une très forte majorité de la chambre dite «haute» a dit «oui, oui et oui» à Justin, sans coup férir, témoignant d’une bassesse innommable, s’inclinant, s’effaçant devant les diktats du premier ministre et confirmant du même souffle leur ineptie fondamentale! À quand la réouverture d’une constitution qui nous est encore, au Québec, étrangère?

En marge de sa proposition affichée sur le cannabis, Justin le candidat nous a servi une litanie puérile: «Nous avons un plan, nous avons un plan et encore nous avons un plan», sans jamais en esquisser le moindre contour... Mais nous avons tous été bernés, car lorsqu’il parlait ainsi, il n’évoquait pas un projet (plan), mais bien une herbe, ou un «plant»! Le savions-nous si «accro» en 2015?

Devrions-nous envisager de transformer toutes nos cultures de fruits et de légumes en «poteraies», comme l’on dit oseraie pour l’osier, voire palmeraie pour les palmiers?

Après des décennies de combat contre le tabagisme, les gouvernements seront-ils désormais condamnés à investir des sommes mirobolantes pour combattre le cannabisme à cause du fils de Pierre Elliott Trudeau?

Retombons sur terre... La mère des promesses de Justin ne tenait pas au pot! Il a dit et redit et dit encore que nous ne voterions plus jamais de la même manière: il nous a garanti un nouveau mode de scrutin respectueux d’une certaine proportionnalité, donnant (enfin!) une valeur, relative à tout le moins, à chacun des votes exprimés, pour ne plus voir un gouvernement très majoritaire avec un vote populaire très minoritaire!

Une fois élu, Justin a vite renié sa promesse phare, dite et répétée 617 fois selon les statisticiens les plus aiguisés, en constituant un Comité fédéral condamné à l’échec (les députés hors du parti libéral vous le diront tous) et une consultation dite nationale des plus fumeuses et pour laquelle il est difficile de savoir qui a été interpellé... et cela devait être une consultation citoyenne!

En conclusion, le Sénat, en dépit des efforts externes pour assurer son possible renouveau, a lamentablement échoué dans sa tentative de se redonner un soupçon de crédibilité face à la question du pot et Justin, assoiffé de plants, a renié la mère de ses promesses liée au mode de scrutin.

Post-scriptum

a) À quand la fin des ridicules égoportraits? Le premier ministre ne saurait-il pas encore distinguer les rôles et les fonctions? La confusion des genres devient très pesante!

b) Au vu des nombreux rites de pardons du PM, toujours la larme à l’œil et le mouchoir immaculé prêt à l’essuyer, ne serait-il pas temps de penser aux doubles victimes des violences et des arrestations éhontées du 24 juin 1968 et d’octobre 1970?

c) Je ne l’appelle que Justin, parce qu’il ne s’est pas encore construit une stature d’adulte. Il n’est qu’un beau gosse!

Blaise Balmer

Trois-Rivières