Les résidents de Mattawin dénoncent qu'une vingtaine de kilomètres de la route 155 soient laissés de côté dans le projet de réseau cellulaire.

Le sans fil de Saint-Roch à Mattawin

Nous empruntons la route 155 toutes les semaines. L'an dernier, nous avons été témoins de deux accidents dans ce secteur, dont un par des usagers de la rivière Saint-Maurice qui avaient subi une sérieuse commotion au crâne et qui nécessitaient une immobilisation et un transport rapide vers un établissement hospitalier.
Lors d'accidents causant des blessures graves, il est reconnu en traumatologie que lorsque les blessés sont pris en charge par les médecins dans l'heure qui suit le traumatisme, les risques de séquelles diminuent considérablement et les chances de guérison en sont autant augmentées. 
Dans ce cas, la victime était étendue sur la rive et rassurée par un compagnon. Ils ont dû attendre pendant qu'un troisième, au pas de course, s'affairait à trouver un téléphone dans une résidence. Il a dû parcourir plus d'un kilomètre et frapper à quelques portes où il n'y avait aucune présence avant finalement de pouvoir placer un appel de secours et que l'ambulance de Saint-Tite se mette en route pour intervenir.
Imaginez tout ce temps perdu et tout ce stress pour le blessé et ses compagnons juste pour signaler une demande de secours et en attendre l'arrivée. Les voyageurs et touristes ne peuvent s'imaginer que ce tronçon de la route 155 vit encore en terme de téléphonie, comme au temps des lampes à l'huile!
Pourtant six commerces - pour ainsi dire la majorité des commerces de Trois-Rives -, sont localisés dans ce segment de la 155. Aventure Mattawin, Chez Marineau, le dépanneur Mattawin, un brocanteur, le Domaine Montagnard, la Pourvoirie Hosanna, et un artisan vivent des passants et du tourisme.
Toutes les personnes qui arrêtent pour un séjour de courte ou moyenne durée doivent faire leur deuil des communications cellulaires incluant les courriels et les textos, à moins d'obtenir et d'entrer le code d'accès au Wi-Fi qu'un de ses établissements veut bien lui donner. 
Le sauvetage des blessés, les risques d'aggravation des blessures, le risque que le sinistre dégénère avec les minutes perdues sont autant de conséquences causées par l'absence de moyens de communication rapides.
Pourquoi s'obstiner à laisser ce tronçon de la route 155 dans le noir alors que même sur la basse Côte-Nord, dans de tout petits hameaux non accessibles autrement que par bateau ou motoneige, notre gouvernement a jugé très important d'installer un réseau cellulaire en sus du téléphone filaire pourtant fonctionnel? Ont-ils voté du bon bord?
Aucune raison humaine ou matérielle ne justifie cet entêtement des élus et des décideurs à «couper le téléphone» sans fil sur ce segment de route très passante. Outre les camions de bois poussiéreux, très chargés et pauvrement éclairés, les camions transportant de bonnes quantités d'aluminium depuis le Saguenay, les camions d'essence, de propane, de chargement de matières dangereuses souvent mixtes et donc mal signalisées, bref, la 155 comporte beaucoup de risques absents dans bien des villages pourtant desservis par le réseau de téléphonie cellulaire.
Louis Perron
Trois-Rivières