Le registre des armes à feu et ses effets pervers

On parle beaucoup ces temps-ci de l’immatriculation des armes d’épaule et les tenants du registre répandent toutes sortes de faussetés à ce sujet. La loi sur l’immatriculation des armes à feu aura cependant des effets pervers sur notre société dont il faut être bien conscient.

Tout d’abord, il est clair que les seules personnes susceptibles d’enregistrer leurs armes d’épaule sont celles qui détiennent des permis de possession et acquisition d’armes à feu (PPA), donc des personnes «normales» qui ont suivi un cours de sécurité dans le maniement des armes à feu et qui ont fait l’objet de vérifications de la part des services policiers. Or, il a été amplement démontré par diverses études que cette catégorie de citoyens (c’est-à-dire les citoyens «normaux» sans antécédents criminels et sans antécédents de violence ou de maladie mentale sévère) n’est pas la cause des problèmes avec les armes à feu. Pourtant, le registre des armes d’épaule ne s’adresse strictement qu’à ces citoyens. 

Depuis 30 ans au Québec, les médias, les élites médicales, universitaires et autres ainsi que les politiciens essaient de nous convaincre que les gens «normaux» sont la source des problèmes avec les armes à feu alors que c’est complètement faux. Le registre des armes d’épaule n’est rien d’autre que l’expression du mépris des médias, politiciens et autres élites envers la population.

Maintenant, le plus désolant dans cette question de registre, c’est qu’on a une loi qui vise un groupe de citoyens respectueux des lois, qui travaillent (ou l’ont fait avant leur retraite) et qui paient des impôts. Or, une écrasante majorité de ces citoyens se sentent bafoués et offensés par cette loi qui les traite comme des criminels potentiels, et ils ne la respecteront pas. Est-il normal que le gouvernement de la CAQ impose à un groupe de citoyens modèles une loi qu’ils rejettent massivement? Le respect des lois et des institutions est un des fondements d’une société libre et démocratique, mais encore faut-il que ces lois soient justes et acceptées par ceux qui devront les subir. En appliquant une loi rejetée massivement par un groupe de citoyens modèles et le reste du Canada, le gouvernement de la CAQ habituera la population à ne pas respecter les lois et les institutions et cultivera le cynisme de cette dernière à l’égard des politiciens.

Michel Veilleux

Sainte-Monique