Jean Boulet est ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Mauricie.
Jean Boulet est ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Mauricie.

Le Québec en action contre la pauvreté

OPINION / L’auteur, Jean Boulet, est ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Mauricie.

L’économie québécoise roule présentement à plein régime. Le taux de chômage est au plus bas et les salaires augmentent. Le taux d’assistance sociale atteint un creux historique, alors que seulement 5,3 % de la population bénéficie des programmes d’assistance sociale. Mais malgré cela, la pauvreté demeure une dure réalité contre laquelle nous devons continuer de lutter. Nous devons continuer de resserrer le filet social qui nous distingue et qui fait notre force. Nous devons continuer de faire ce que les Québécois font de mieux: se serrer les coudes.

Sortir de la pauvreté

La pauvreté revêt plusieurs visages et ses causes sont multiples. Pensons notamment aux personnes qui vivent en situation d’itinérance ou de dépendance ou qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale. Encore aujourd’hui, plus de 8,9 % des enfants vivent sous le seuil de la pauvreté. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant cette réalité.

L’emploi est le meilleur véhicule pour sortir de la pauvreté. Je souhaite donc tendre la main aux personnes éloignées du marché du travail. En raison du dynamisme de l’économie et de la rareté de la main-d’œuvre, le marché du travail offre de nombreuses occasions et nous devons mieux accompagner chaque personne qui souhaite en saisir une.

Les personnes en situation de handicap constituent un bassin qui présente un grand potentiel pour de nombreux employeurs. C’est pourquoi notre gouvernement a investi une nouvelle somme de 238,5 millions de dollars en vue, notamment, d’inciter les employeurs à accueillir ces personnes et à briser les stéréotypes.

Il faut également investir dans nos jeunes pour les aider à exploiter leur potentiel. Ils sont l’avenir du Québec. Plus de 136 000 jeunes ne sont ni en emploi, ni aux études, ni en formation et ils font aussi partie des solutions pour contrer la rareté de la main-d’œuvre. Pour mieux les soutenir, notre gouvernement investira 70 millions de dollars, d’ici 2024, dans un service spécialisé offert notamment dans les carrefours jeunesse-emploi.

En raison du dynamisme économique actuel, nous avons récemment annoncé une hausse du salaire minimum, lequel passera à 13,10 $ l’heure le 1er mai 2020. Cette augmentation permettra d’atteindre, pour la période 2020-2021, un ratio de 50 % entre le salaire minimum et le salaire horaire moyen, une première depuis 1980. Les salariés moins aisés profitent donc de la croissance générale des salaires et de la croissance économique. Cette hausse aura pour incidences de réduire la pauvreté, mais aussi d’augmenter l’attractivité du marché du travail.

Certaines personnes ayant des limitations importantes ne peuvent toutefois pas intégrer le marché du travail. Pour leur garantir la dignité qu’elles méritent, je compte sur l’implantation du futur programme de revenu de base, qui permettra d’offrir un soutien plus important et plus flexible.

Soutenir les familles et mobiliser les communautés

Il y a l’emploi, mais nous devons aussi mieux nous adapter à la réalité des personnes les plus vulnérables. Nous devons les écouter et faire preuve de compassion. À titre d’exemple, certaines personnes ne sont pas en mesure de remplir leur déclaration de revenus. Elles ne peuvent donc pas recevoir le montant de base du crédit d’impôt pour la solidarité auquel elles ont droit. C’est pourquoi notre gouvernement a mis en place un versement automatique pour le montant de base lié à la TVQ, qui est de 292 $. Près de 40 000 personnes appartenant à la clientèle des programmes d’assistance sociale vont en bénéficier.

Nous avons également revu le traitement fiscal s’appliquant pour des milliers de familles monoparentales qui étaient pénalisées parce qu’elles recevaient plus de 100 $ à titre de pension alimentaire pour enfants. Dorénavant, un parent qui reçoit une pension alimentaire de 350 $ par mois peut la conserver en totalité, ce qui profite à plus de 9000 enfants.

Pour faire du Québec une société plus juste, l’apport des organismes communautaires est précieux. Ce sont 138,8 millions de dollars que notre gouvernement a accordés aux Alliances pour la solidarité afin de soutenir des projets concrets touchant chaque région. J’ai aussi pris l’engagement de reconnaître et de faciliter le travail de ces organismes avec l’élaboration d’un plan d’action. Des consultations sont en cours et j’ai l’intention de déposer le plan en 2021.

En action

Vous pouvez compter sur votre gouvernement pour demeurer en action contre la pauvreté. Nous avons déjà beaucoup avancé, mais nous avons encore du pain sur la planche. Collectivement, nous avons la responsabilité de réduire les inégalités sociales et économiques. Nous allons continuer d’accompagner les personnes éloignées du marché du travail et de soutenir les personnes les plus vulnérables.