L’auteur de cette lettre s’intéresse aux migrations des peuples actuels en offrant des comparaisons avec des pactes internationaux qui ont déjà été conclus au XXe siècle.

Le Pacte migratoire annonce-t-il la fin de la cohésion sociale?

Deux pactes internationaux, conclus sous l’égide de l’ONU, visent à encadrer l’immigration avec objectif sous-jacent de prévenir le déclin des populations.

La première fois, c’était après la Seconde Guerre mondiale, en 1951. Les élites onusiennes ont alors élaboré la planification de l’immigration vers l’Europe en pleine reconstruction. La communauté internationale s’employa alors à résoudre les problèmes liés à la pénurie de main-d’œuvre dont souffrait l’Europe. Il fallait compenser les millions de morts ainsi que la faible natalité européenne et autres pays développés. Le Canada se joindra en 1969 aux pays signataires de cette Convention de Genève.

Ce sont surtout des ressortissants de la Turquie, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui vont submerger le continent européen, suivi de certains pays de l’Afrique et de l’Asie centrale. Avec le temps, on détecte deux effets.

D’abord, ces communautés immigrantes parviennent peu ou pas à s’intégrer. Parmi les causes, on se doit de souligner que la démocratie qui existe en Occident a conduit à l’octroi de droits constitutionnels aux migrants leur permettant de conserver leurs religions, valeurs et modes de vie. De plus, l’instauration de politiques multiculturelles favorisera la création de sociétés parallèles. Des quartiers sont ainsi transformés et opèrent en dehors du droit du pays d’accueil. Dans toute l’Europe, la politique d’intégration a été mise à mal jusqu’à échouer.

Maintenant pour la seconde fois, l’ONU avec ses 164 membres, à l’exception des États-Unis et quelques autres États qui se sont retirés, a entériné l’idée d’un «pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulée», dit «Pacte de Marrakech». L’ONU fait référence aux 30 000 migrants morts, durant leur périple au cours des trois dernières années. Or, la base fondamentale de ce Pacte vise les victimes des conflits armés et du changement climatique (immersion des zones côtières, sécheresse). Ce nouveau pacte donnerait le droit de migrer et d’être accueilli dans des conditions meilleures que celles qui prévalaient jusqu’à présent. Les signataires, dont le Canada, s’engagent donc envers les migrants à leur donner accès à l’éducation, au logement et au regroupement familial. Ils s’engagent aussi à protéger leurs traditions religieuses et culturelles. Encore le multiculturalisme! Selon Angela Merkel, le Pacte est valable pour tous les pays du monde, même pour les pays qui rejettent le Pacte.

On ouvre ainsi la porte aux 250 millions de migrants potentiels, dont 25 millions de réfugiés actuellement contraints de quitter leur pays respectif et ayant besoin de protection, selon l’ONU. Alors que toute l’Europe occidentale est déjà très gravement atteinte par une invasion de réfugiés réfractaires à l’intégration, ce nouveau projet de pacte accélérera la fin de la cohésion sociale européenne et la nôtre le cas échéant!

Quelle sera la contribution du Canada dans les efforts des différentes nations riches pour offrir aux réfugiés de par le monde une terre d’asile? Québec est tenu d’accueillir 22 % de l’immigration humanitaire accueillie dans l’ensemble du Canada, soit 2000 réfugiés qu’il prend en charge chaque année. Mais on lui impose parfois plus que ce quota, car le Québec ne contrôle pas ce flot de migrants humanitaires qui se présentent déjà à nos frontières sans avoir été sélectionnés au préalable. Or, des milliers d’habitants du continent africain, entre autres, rêvent de venir au Canada. La province la plus vulnérable qui lutte pour sa langue, son identité, sa souveraineté, est-elle prête à accueillir au-delà de ses capacités ces réfugiés de la guerre et de la faim? La lutte pour la survie laisse souvent des séquelles physiques et morales difficiles à guérir. Un coup dur pour nos infrastructures en santé, en éducation, en habitation… Indéniablement, un tel raz de marée ferait perdre au Québec, à long terme, son identité.

Selon la journaliste Elke Halefeldt de Heise Online, le Pacte de Marrakech fait suite à un autre texte de l’ONU paru en mars 2000, qui présente différents scénarios démographiques. Il envisage des «migrations de remplacement», soit une solution au déclin et au vieillissement des populations occidentales.

Qui sait? Nous avons peut-être là un indice de l’évolution démographique de l’humanité. Des peuples et des civilisations doivent disparaître afin que d’autres les remplacent!

Roger Greiss

Shawinigan