Le Nouvelliste: un compagnon de vie depuis mon enfance

OPINIONS / Je lis Le Nouvelliste depuis 78 ans. À cette époque, je crois qu’il n’y avait pas d’abonnement. Mon père nous envoyait tous les jours acheter Le Nouvelliste au petit magasin – une sorte de dépanneur – de Madame Bouthillier sur la rue Haut-Boc.

Le journal, au début des années 40, coûtait trois sous! Incroyable!

Madame Bouthillier avait un grand assortiment de «bonbons à la cenne». Comme papa nous donnait cinq sous, il nous restait deux sous pour les bonbons. Nous y allions à tour de rôle mes frères et moi.

Dès l’âge de sept ans, j’ai commencé à lire ce qu’on appelait «les petits bonhommes». Dans le temps, c’était Philomène, Dagwood et Blondie, Popeye et sa belle Olive, etc.

Par la suite, j’ai toujours vu Le Nouvelliste chez nous. Lorsque je suis partie de la maison pour vivre en appartement, une des premières choses que j’ai faites a été de prendre un abonnement au Nouvelliste.

Et maintenant retraitée, j’y suis toujours abonnée.

Mon Nouvelliste est mon petit bonheur du matin. Je le lis en prenant mon café, ne manque jamais de faire les mots croisés et la citation secrète qui parfois me donne du fil à retordre.

J’espère qu’on ne me privera pas de ce grand plaisir; ça me manquerait énormément. Mais je garde confiance.

Il me semble que c’est impossible de voir Le Nouvelliste disparaître. Il est pour moi un compagnon de vie depuis mon enfance.

Françoise Normand

Trois-Rivières