Le Moulin: un projet réaliste

En réponse à la lettre de Guy Godin «Une histoire vraie autour du vieux Moulin» publiée samedi.
Cher ami,
Tu (nous nous tutoyons depuis longtemps) me fais plaisir en répétant à la fin de ta lettre ce que nous disons depuis une bonne dizaine d'années: le moulin à vent ne doit plus être de la responsabilité de l'UQTR, ce n'est pas sa mission, le moulin doit maintenant être remis à la Ville et au gouvernement. J'en profite pour répéter, encore une fois, mes remerciements à l'UQTR pour son rôle dans le sauvetage et la conservation du moulin depuis 40 ans.
Je te proposerais de relire le dossier complet que je t'ai moi-même remis déjà et qui comportait toutes les réponses aux questions que tu as lancées samedi dernier.
Commençons par corriger quelques erreurs: 1) l'éditorialiste Ginette Gagnon n'a pas fait d'entrevue avec moi, mais elle semble bien maîtriser le sujet; 2) le moulin n'a pas été tranché, il a été amputé de son rez-de-chaussée; 3) le recteur Boulet n'a pas été seul dans l'opération de sauvetage, il y avait aussi le maire Gilles Beaudoin ainsi que les historiens Maurice Carrier et Robert-Lionel Séguin, avec la collaboration de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie; 4) la lettre signée par le ministre des Affaires culturelles garantissant le statut de monument historique du moulin n'était pas un cas unique. Et je t'arrête tout-de-suite en répétant que: a) le quart de million (valeur en 2000) ne sert pas qu'au transport, mais il servira aussi à toute la mise en place et au rehaussement de la tour de pierre; b) la mise en tourisme du moulin ne coûtera pas «des centaines et des centaines de milliers de dollars», comme tu l'écris... la moyenne nationale de tous les sites historiques est de 200 000 $... et il générera des revenus aussi. Mais avant de se lancer des chiffres, attendons les résultats de l'étude de faisabilité.
Pour répondre à tes questions relatives aux travaux de restauration, je te répète aussi ce que tu sais déjà. Lors de ma mission de recherche en France, en 2003, j'ai passé quelques jours avec Bernard Sauldubois qui a participé à 35 opérations de restauration de moulin, comme notre projet, et avec Jean Bruggeman qui a participé à 37 opérations de restauration. Et j'ai rencontré les frères Croix, charpentiers-amoulangeurs, qui gagnent leur vie à réaliser des projets comme le nôtre, comme leur père et leur grand-père.
J'admets que j'accorde beaucoup de crédibilité à messieurs Sauldubois, Bruggeman et Croix, et que je regrette que le savoir-faire des moulins à vent se soit quasi perdu au Québec. Le dernier a été le moulin de l'Île-Perrot, qui a été un projet exactement identique à ce que nous souhaitons pour Trois-Rivières. J'ajoute que monsieur Sauldubois est venu à Trois-Rivières en 2005, comme Chris Gibbings, aussi spécialiste français des moulins à vent, et ancien membre du conseil d'administration de The International Molinology Society (TIMS) dont le siège social est en Angleterre.
Voilà pourquoi je crois au réalisme du projet. Avec beaucoup d'enthousiasme, en effet. J'espère, Guy, que tu seras présent à la conférence que je donnerai sur le moulin le lundi 10 février prochain, à 19 h, au Collège Laflèche. Bienvenue à tous.
René Beaudoin
Historien