Les différentes cérémonies du jour du Souvenir ont pour but de faire en sorte de ne jamais oublier ceux et celles qui ont combattu pour défendre notre liberté.

Le jour du Souvenir des nôtres...

Fidèle à notre devise, le mois de novembre de chaque année nous permet également de «nous souvenir». C’est important de maintenir, de garder bien vivant le souvenir de tous ces braves, de ces troupes admirables qui ont soutenu, parfois au prix de leur vie, les valeurs de paix, de liberté, de démocratie dont nous bénéficions ici au Québec et au Canada. Se rassembler pour se souvenir afin que leur héritage ne tombe pas dans l’oubli afin de souligner les sacrifices consentis par ces héros et par les membres de leur famille.

Maintenant, voici un peu d’historique. À la Grande Guerre de 1914-1918, la population canadienne était de 7,8 millions d’habitants; imaginez 1,6 million de soldats ont servi, et 68 000 morts ou disparus en 1560 jours de combat. Nous, les Canadiens français du Québec, avons servi surtout avec le 22e bataillon (aujourd’hui le Royal 22e Régiment) et avons bien figuré à la bataille de la Somme, Passchendaele, Amiens mais surtout à Vimy, dont on souligne le centième anniversaire en 2017. Pensons à nos héros, le général Vanier, l’ancien gouverneur général, le général Tremblay, le caporal Haeble, le lieutenant Brillant et bien d’autres!

Lors de la Deuxième Guerre mondiale de 1939-1945, la population canadienne était de 11,2 millions, et 1,1 million de soldats ont servi, avec plus de 47 000 morts ou disparus au combat... Durant cette guerre, beaucoup de Canadiens français/Québécois (qui représentent environ 25 % de la population canadienne) ont servi en Italie, à Dieppe, dans le nord-ouest de l’Europe, en Hollande. Beaucoup d’entre eux ont fait leur marque: les Allard, Bernatchez, Trudeau, Bibeau, Ménard, Deztraze, Caron et j’en oublie, qui sont nos héros parmi tant d’autres, comme le général Paul Triquet, Hébert, Poirier, Arsenault, Ben Gonthier, J. Raymond, Bourassa, pour nommer que ceux-là. Tous ces militaires ont fait honneur à la nation canadienne-française, que ce soit avec l’armée, la marine ou l’aviation.

Lors de la guerre de Corée (1950-1953), que l’on appelle la guerre oubliée, 26 791 Canadiens ont servi durant ce conflit, et plus de 516 ont perdu leur vie là-bas. Encore là, beaucoup des nôtres du Québec. Beaucoup parmi eux étaient des vétérans de la guerre de 39-45. Et là encore, le 22e Régiment a bien figuré, assez pour recevoir une Mention élogieuse du Commandement des Nations-Unies. Je ne veux pas oublier les vétérans de la marine comme de l’aviation!

Quand on pense aux conflits plus récents, celui de l’ex-Yougoslavie (1991-2001) en Serbie, en Croatie, en Slovénie ou en Bosnie, fut un conflit très dangereux et difficile sous le chapeau des Nations Unies. Quelques douzaines de militaires ont laissé leur vie, et beaucoup sont revenus avec des séquelles, assez pour causer plus d’une douzaine de suicides, entre autres celui de mon neveu, le lieutenant-colonel Stéphane Beauchemin.

Le plus récent engagement militaire, celui en Afghanistan, a été le plus long conflit depuis 1939-1945. De 2001 à 2014, il a aussi été le théâtre du plus important déploiement, soit 40 000 militaires, avec 158 pertes de soldats canadiens et une trentaine venant du Québec. Des environs, on compte Steve Martin, de Saint-Cyrille-de-Wendover, Yannick Pépin, de Warwick, Karine Blais, du 12e RBC Trois-Rivières. Conflit très difficile, désertique, pays très pauvre, la plupart des soldats tués l’ont été par des engins explosifs improvisés (EEI), des accidents de véhicule, des maladies. Plusieurs ont reçu l’étoile de la Vaillance militaire, la deuxième plus haute décoration au Canada. Encore plusieurs de nos anciens combattants souffrent de choc post-traumatique, sans parler des cas de suicides. C’est pourquoi il faut se souvenir de ces militaires, qui ont beaucoup risqué pour notre liberté. Se souvenir aussi des sacrifices consentis par leur famille.

Il y a eu aussi certains conflits moins connus en Afrique, malgré qu’il y ait eu, là également, perte de certains de nos militaires.

En terminant, je vous invite à porter un coquelicot, qui symbolise les hommes et les femmes qui ont tout sacrifié pour défendre notre liberté sur terre, sur mer, et dans les airs, et prouver aux générations actuelles et futures que oui, les Québécois étaient bien là dans ces grandes croisades pour vaincre le fascisme, le nazisme, le groupe armé État islamique, et faire triompher la liberté. Et faire en sorte que l’on évite le plus possible que tous ces héros ne soient oubliés!

Jules Pinard

Trois-Rivières