Au nombre des autres mesures, le budget prévoit le début des études concernant l’agrandissement de l’urgence de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie.

Le grand dégel budgétaire

On n’avait pas vraiment besoin d’une boule de cristal pour voir que les dollars allaient pleuvoir un peu partout à l’occasion de ce cinquième budget de Carlos Leitão présenté mardi. Ce qu’on avait hâte de voir, c’était l’intensité de l’averse et la quantité laissée au sol.

Bien qu’il ne se trouve aujourd’hui pas beaucoup de monde pour être déçu de ce budget ou pour dénoncer quelque oubli que ce soit, il serait trop facile de dire qu’il ne s’agit que d’un budget électoraliste. Bien sûr, avec les élections qui auront lieu dans un peu plus de six mois, il est nécessairement teinté d’électoralisme. Disons un électoralisme de bon aloi.

Parce qu’il n’y a pas que ça. Le contexte économique actuel est ce qui, en majeure partie, permet à Carlos Leitão de présenter un budget aussi rafraîchissant. Il faut rappeler que la croissance du produit intérieur brut (PIB) était de 3,1 % en 2017. Une telle statistique – qui n’avait pas été observée depuis des lunes – est essentiellement attribuable, justement, à l’inversion de la politique budgétaire du ministre Leitão, qui est passée de l’austérité à la prospérité.

Un véritable budget électoraliste aurait surtout rimé avec baisses d’impôts et de tarifs. Mais celles-ci, ne l’oublions pas, étaient au programme de la mise à jour économique de novembre dernier.

Le budget présenté mardi vient placer en tête des priorités gouvernementales l’éducation, avec une hausse des dépenses de 5 %, soit 18,9 milliards $. La santé n’est pas en reste, avec une augmentation de 4,6 % des dépenses (38,5 milliards $), tout comme les infrastructures et les grands projets (10 milliards $). Ajoutons à cela la baisse du fardeau fiscal des petites et moyennes entreprises, qui passera de 8 % à 4 % d’ici 2021, et on se retrouve avec une palette d’orientations prioritaires très intéressante.

Mais pour la région, qu’en est-il? Disons que la Mauricie et le Centre-du-Québec ne sont certainement pas aussi chanceuses que certaines régions éloignées qui obtiennent une bonne part de mesures intéressantes: financement du transport aérien intraprovincial, améliorations du réseau ferroviaire en Gaspésie, mesures économiques pour les régions éloignées. Nos régions ne sont, surtout, pas aussi bien servies que la métropole et la région de la Capitale-Nationale pour ce qui est des investissements en infrastructures de transport. Le ministre Leitão, rappelons-le, a confirmé des sommes pour la ligne bleue du métro de Montréal, le tramway à Québec, un bureau de projet pour le troisième lien entre Québec et Lévis, ou encore le prolongement de l’autoroute 19 à Laval. Rien pour, par exemple, le doublement de l’autoroute 55 entre Bécancour et l’autoroute 20.

Là où on peut avoir l’impression de ne pas être trop perdants, c’est dans l’appui additionnel donné aux municipalités dans le contexte de la légalisation du cannabis. Les municipalités bénéficieront d’une partie des revenus provenant de la vente de cannabis, notamment pour la formation policière et l’acquisition d’outils nécessaires à la détection de drogues. Au total, l’aide au secteur municipal dépassera les 60 millions $ sur deux ans.

Au nombre des autres mesures, le budget prévoit le début des études concernant l’agrandissement de l’urgence de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie. Il enchâsse aussi les sommes annoncées (3,8 millions $) plus tôt dans la journée de mardi pour la réfection du parc immobilier du secteur Adélard-Dugré. Également, on modifie le cadre normatif du programme ClimatSol-Plus, un programme d’aide à la décontamination très prisé en Mauricie où, mentionne-t-on dans le budget, les besoins de réhabilitation sont importants.

Enfin, on peut formuler un souhait, même s’il est minuit moins cinq et qu’une décision doit être prise mercredi. Le budget prévoit une hausse du financement de base pour les cégeps et les universités. Espérons que ça pourrait faire basculer la volonté des dirigeants du Cégep de Trois-Rivières d’abolir cinq programmes de formation uniques.