On retrouve sur la photo la directrice du Musée québécois de culture populaire Valérie Therrien, en compagnie de la présidente et du directeur général du Festival western de Saint-Tite, Isabelle Tessier et Pascal Lafrenière.

Le Festival western de Saint-Tite au musée!

Mon dictionnaire me dit qu'un musée doit servir à conserver des objets rares et précieux. J'ajouterais bien modestement que les musées conservent habituellement des choses du passé qui ont fait leur temps et qui ne servent plus. Souvent dépassés, ces instruments ou objets ainsi répertoriés, démontrent aux visiteurs l'évolution de l'humain et la transformation qu'il a faite de la nature vers plus de génie et d'adaptation; ça aide à comprendre le présent et à éclairer le futur d'une société. Les visiteurs sont donc confrontés à la grandeur et à la petitesse de l'être humain, lequel cherche à donner un sens à la vie et à l'univers.
Le 22 février dernier, Le Nouvelliste nous informe que le Musée québécois de culture populaire rendra hommage aux 50 ans du Festival western de Saint-Tite en Mauricie sous le titre «Notre Far West»! Bravo aux promoteurs du Far West au Québec (?), mais il faut s'interroger sur la direction du musée trifluvien. 
Un musée doit-il promouvoir spécifiquement les affaires d'une entreprise? Doit-il se donner une vocation utilitariste, opportuniste et profitable?
Que serait le festival western sans le rodéo? Que serait le festival du cochon sans la course de la bête graissée? Soulignera-t-on aussi au musée de Trois-Rivières l'anniversaire du festival du cochon de la municipalité de Sainte-Perpétue?
Si la direction du musée a le courage de démontrer comment l'être humain réussit à faire sauter les bêtes affolées pour créer un curieux spectacle payant pour les promoteurs de cette distraction, alors là, il faudra répéter cet «hommage» tous les ans. Il faudra par contre ne pas oser dire que ce sera là un «hommage», mais plutôt une mise à niveau de la conscience des hommes sur le respect des animaux. Un peu comme la dénonciation des corridas où un taureau est lentement mis à mort de façon pseudo-artistique, cruelle, sanguinaire et sauvage.
Sommes-nous une société qui progresse? Si les musées continuent à exposer l'évolution et nos progrès humains vers plus de respect et d'ingéniosité, oui, nous progressons. Mais s'ils servent plutôt l'exploitation commerciale et mercantile par une utilisation comique et abusive de l'animal, là il faut douter de notre humanité.
Souhaitons que le fait de «remiser au musée» le festival western de Saint-Tite soit une occasion d'une réflexion sur le respect que nous accordons aux animaux et sur la hauteur de notre civilisation.
François Champoux
Trois-Rivières