Le droit de s’épanouir sans discrimination

Le printemps dernier, tous les médias ont fait des reportages devant Walmart parce que Walmart Canada avait décidé de mettre à la porte ses meilleurs employés atteints de déficience intellectuelle ou du spectre de l’autisme, que l’entreprise avait pris sous son aile pendant huit ans avec son programme d’intégration à l’emploi.

C’est bizarre que les médias ont été très bons à taper sur Walmart quand il a congédié ses employés en question mais ils n’ont pas tapé sur les autres entreprises qui n’ont jamais engagé du personnel avec une déficience intellectuelle ou du spectre de l’autisme et qu’ils n’ont pas de programmes d’intégration comme Walmart l’a fait.

Beaucoup d’employeurs ont peur d’engager du personnel de la sorte, de peur que les médias viennent devant leurs entreprises s’ils décident de mettre à la porte des gens atteints de déficience intellectuels ou d’un trouble du spectre de l’autisme, pour ne pas atteindre leur réputation et qu’ils mettent la clé dans la porte de leurs entreprises.

C’est bizarre que lors de la dernière campagne électorale, personne parmi les candidats politiques de n’importe quel parti n’ait parlé du cas Walmart et des autres entreprises du marché du travail sur ce sujet. Il aurait été intéressant de savoir ce que ces personnes et ces partis avaient à proposer pour remédier à ce problème en matière d’intégration de personnes handicapées ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sur le marché du travail.

De plus, aux États-Unis, une loi antidiscrimination pour les handicapés existe depuis 1990. Elle a été appliquée et signée par l’ancien président George H. W. Bush (Bush père). La loi porte le nom de Americans with Disabilities Act et interdit toute forme de discrimination envers tous les handicapés, protégeant donc les handicapés de toute discrimination en société en raison de leur handicap.

Elle oblige tout employeur à embaucher une personne handicapée et de maintenir cette personne au sein de son entreprise, en plus de lui permettre d’avoir accès au logement. Et j’ajouterai que tout individu ayant un handicap intellectuel ou un trouble du spectre de l’autisme aurait droit à un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent parce que plusieurs ont été placés dans des écoles spéciales et n’en ont pas reçu à cause de leurs notes académiques, à cause de leurs handicaps ou à cause de tests psychométriques et sensoriels. Ça, c’est totalement inacceptable. Moi-même je n’ai jamais reçu de DEP à cause du fait que j’ai fréquenté une école spéciale et que j’avais des notes faibles.

Au Canada, seulement les provinces de l’Ontario et du Manitoba ont une loi similaire aux Américains. Pourquoi le Québec refuse-t-il d’adopter et de signer une telle loi qui protégerait toute discrimination envers les handicapés au niveau du marché du travail et dans la société en général?

Les personnes atteintes de déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre de l’autisme ont le droit de s’épanouir comme les personnes qui n’ont pas ce type de handicap. Comme société, il serait plus que temps qu’on y pense, pour que plus jamais une entreprise comme Walmart ou n’importe quelle autre n’envoient plus jamais à la porte des personnes handicapées intellectuellement sans aucune raison valable.

Sylvain Lacroix

Trois-Rivières