Ginette Leblanc

Le droit à la sérénité

Lettre à Ginette Leblanc, de Trois-Rivières, atteinte de sclérose latérale amyotrophique et qui réclame le droit de mourir.
Chère Ginette Leblanc, mon premier espoir, c'est que tu guérisses. Mon deuxième espoir, si cela est impossible, c'est que tu puisses terminer ta vie en toute dignité et en toute sérénité.
J'espère que la Commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité recommandera cet automne à notre Assemblée nationale du Québec ce qui suit : qu'une aide médicale active à mourir, si nécessaire et si librement demandée, bien balisée et contrôlée, soit possible pour une personne en fin de vie, au bout de son corps, au bout de sa vie; et que cette aide exceptionnelle soit considérée comme un soin approprié et personnalisé de fin de vie.
Tu sais, Ginette, quand une personne au bout de sa vie a la garantie et la promesse que cette aide sera disponible, elle devient plus sereine et cesse d'être terrorisée par un mourir futur atroce et indigne. La sérénité bloque souvent l'évolution d'une maladie, tout au moins la ralentit. Oui, tu as le droit à la dignité et à la sérénité.
Le Québec doit donner une telle sérénité aux personnes en fin de vie. La sérénité enveloppe tellement bien la dignité et la liberté d'un finissant de la vie.
Sérénité à toi et le meilleur des accompagnements.
Yvon Bureau
Travailleur social
Consultant bénévole pour un mourir digne et libre
Québec