Le dérapage de la campagne

OPINIONS / Ceux qui me lisent savent que je suis loin d’être un conservateur. Mais ce qui se passe présentement est perturbant. On profite, comme on l’a fait au débat des chefs, du fait que Andrew Scheer ne maîtrisait pas le français pour essayer de le mettre en boîte. Les journalistes qui se complaisent dans leur rôle d’inquisiteurs ont beau jeu.

Je sais qu’il aurait dû dire dès le début qu’il était «pro-vie» comme une bonne partie de la population d’ailleurs. Mais comme il affirme qu’il ne relancera pas le débat sur l’avortement, ce devrait être suffisant pour clore ce débat.

Récemment, monsieur Trudeau nous parlait de franchise et d’hypocrisie car le chef conservateur n’a pas dit qu’il avait la double nationalité, canadienne et américaine par son père. Mais, franchement, qu’est-ce que ça change et qu’est-ce que ça peut bien faire, surtout qu’il a déjà enclenché les procédures pour faire résilier sa nationalité américaine? Mais quand on veut salir quelqu’un, tous les moyens sont bons et Justin est passé maître dans cet art en tant que comédien.

Naturellement, le chef du NPD qui nous a surpris durant le débat en profite également. Durant ce débat, sûrement pour faire diversion et se sentant coincé, Justin a attaqué d’un ton hargneux le chef du Bloc, et les autres ont vite enchaîné, en disant qu’il cherchait la chicane. Mais Yves-François Blanchet, toujours bien calme, a été clair, le seul chef qui l’est d’ailleurs, en leur répliquant «Si vous ne voulez pas de chicane, respectez les champs de compétence des provinces.»

Il affirme du bout des lèvres que le Québec est une nation, mais dans les faits il nous méprise et nous traite comme une colonie. Si nous voulons défendre notre culture et notre langue, on nous traite de racistes dans le reste du Canada. C’est ici qu’on devrait utiliser le terme «dégueulasse» de Jagmeet Singh.

Justin Trudeau a un bilan médiocre à défendre et il ne le fait pas; toujours les mêmes phrases creuses et imprécises avec les mêmes promesses non réalisées en 2015 en y ajoutant quelques bonbons. Il se promène, désinvolte en «bras de chemises roulées» et comme son idole, papa, qui l’avait déjà fait auparavant, il se promène en canot pour épater la galerie. Il ne lui manquait que la veste autochtone de papa. Il ne joue que sur l’image et fait des «bye bye» à tout le monde, même quand il n’y a personne à l’horizon. On lui crie des bêtises durant le défilé sur le climat; il fait la sourde oreille et avec son sourire béat, il remercie les gens d’être là. Mais, ça «pogne» et on le publicise à plein écran. Une vraie farce!

Comme le dit si bien Denise Bombardier: «Nous vivons dans un climat politique décevant au Canada. Dirigé par le plus talentueux en manière d’images, mais aussi le plus léger intellectuellement des politiciens qui l’ont précédé. Justin Trudeau incarne pour nombre de Canadiens l’accommodement le plus raisonnable. Comment les autres chefs peuvent-ils rivaliser avec ce beau caméléon à l’allure polie, mais boxeur dans l’âme?»

J’ai hâte au prochain débat, que j’espère plus propre, sans animosité, franc et qui saura nous éclairer sur les vraies affaires. J’ose espérer que les Québécois ne se laisseront pas berner une autre fois.

Gaston Bouffard

Shawinigan