Le délai doit être repoussé

ÉDITORIAL / Les propriétaires de résidences situées dans la nouvelle zone d’intervention spéciale, établie par le gouvernement du Québec, ont jusqu’au 19 août pour déposer une requête visant l’exclusion de leur propriété de cette zone. Et ils doivent le faire par l’entremise de leur ville ou de leur municipalité. C’est un délai beaucoup trop court, surtout compte tenu de la période des vacances estivales.

Le gouvernement, on le sait, a mis en place un décret établissant une zone d’intervention spéciale et imposant un moratoire qui interdit dans les secteurs inondables la reconstruction d’une bâtisse si les dommages causés par une inondation dépassent 50 % de sa valeur. Les citoyens qui veulent déposer une demande d’exclusion de la zone ont jusqu’au 19 août pour se manifester.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a raison de demander au gouvernement du Québec d’allonger le délai permettant le dépôt de telles requêtes. Depuis l’annonce du décret et le dépôt de la controversée carte des secteurs situés en zone inondable, les appels de citoyens se multiplient et on anticipe, évidemment, une surcharge de travail liée à cette nouvelle réglementation.

Il peut être utile, ici, de rappeler aux représentants gouvernementaux que nous sommes à la mi-juillet. Que des employés municipaux sont en vacances et que certains services fonctionnent au ralenti. Que des propriétaires sont en vacances et n’auront pas le temps de constituer leur dossier de demande avant le 19 août.

La mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, a parfaitement raison de déplorer, comme plusieurs autres maires à travers le Québec, le mauvais «timing» de la présente démarche gouvernementale.

Mercredi, il semblait y avoir une ouverture, du côté du gouvernement, pour accorder une période de grâce aux demandeurs de l’exclusion prévue au décret. Le député de Maskinongé à l’Assemblée nationale, Simon Allaire, indiquait que la date du 19 août allait demeurer, mais que le gouvernement allait traiter les demandes qui seront acheminées après cette date.

Il serait certainement plus sage, au lieu d’accorder un délai de grâce, de repousser la date pour que tout le monde soit au même diapason.

Plusieurs municipalités déploient déjà beaucoup d’efforts pour diffuser l’information et s’assurer que les demandes de la part de citoyens touchés puissent être traitées adéquatement. À Trois-Rivières, maintenant que la structure de réception et de traitement des requêtes semble appropriée, il faudrait maintenant s’assurer que les citoyens non informés ou qui ne se sont pas encore manifestés puissent avoir les informations pertinentes.

Curieusement, ce sont les municipalités – qui doivent déjà agir comme intermédiaires auprès du gouvernement – qui se retrouvent avec la responsabilité de diffuser l’information aux citoyens, y compris à ceux qui ne savent pas qu’ils sont touchés par les nouvelles mesures.

Le décret adopté par Québec concernant les restrictions imposées à la reconstruction de résidences à la suite d’inondations, malgré des améliorations apportées à la suite des consultations et des interventions de certains représentants du monde municipal, ne fait pas l’unanimité. Des voix se sont élevées contre certaines dispositions, notamment celles concernant la zone de zéro à vingt ans.

C’est un gros dossier auquel le gouvernement a choisi de s’attaquer. Si on peut saluer le courage dont on a ici fait preuve, il faut maintenant réclamer qu’une telle réforme soit appliquée de façon ordonnée et non précipitée. Il importe de donner aux citoyens le temps nécessaire pour, un, être bien informés des nouvelles dispositions et de leurs impacts et, deux, pouvoir faire les démarches dans un délai acceptable.

Les municipalités aussi doivent avoir suffisamment de temps pour faire le travail de traitement, d’accompagnement et d’information proactive.