Nadia El Mabrouk et Andréa Richard ont été honorées, en fin de semaine dernière, par le Mouvement laïque québécois. Elles ont toutes deux reçu le prestigieux Prix Condorcet-Dessaules, remis à des personnes qui ont travaillé pour l’avancement de la laïcité au Québec.

Le couronnement de la carrière d’Andréa Richard

L’auteur, Ghyslain Parent, est professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Le 1er décembre, Andréa Richard a reçu, avec son amie et collaboratrice la professeure Nadia El Mabrouk de l’Université de Montréal, le prestigieux prix Condorcet-Dessaules 2018. Ce prix reconnaît l’engagement des deux femmes pour l’avancement de la laïcité au Québec.

C’est un grand honneur qui a rejailli sur la Trifluvienne. Ces deux femmes ont sensibilisé le monde politique pour faire avancer le principe de la laïcité dans le milieu civil et l’espace civique du Québec.

Entourée de ses amis et collaborateurs, la Trifluvienne, très émue, a reçu l’amour et l’honneur des membres du Mouvement laïque québécois (MLQ) et de ses amis ainsi qu’une plaque soulignant ses efforts visant, entre autres, à faire disparaître le volet «religion» dans les écoles du Québec. Madame Richard et sa collaboratrice ont reçu ce prix des mains de la présidente du Mouvement laïque québécois, madame Lucie Jobin.

Madame Jobin a raconté le parcours sinueux de l’ancienne religieuse qui a rejeté tout l’endoctrinement religieux qu’elle a subi pour faire la promotion de la laïcité dans le monde moderne du Québec.

Ayant été endoctrinée à l’âge de 16 ans pour entrer chez les Petites sœurs des Pauvres, elle a pu vivre de l’intérieur les aberrations liées à la religion et au fanatisme. Sa grande générosité, son altruisme et son désir de servir les plus pauvres de la société l’ont conduite, dans son jeune temps, dans le vaste monde pour porter un message qu’elle croit maintenant faux et dangereux.

Madame Richard, âgée de 83 ans, femme d’une grande intelligence et d’une grande sensibilité, demeure un témoin valable de ce que les religions ont pu faire de mal et elle veut continuer de les dénoncer jusqu’à sa mort. La Trifluvienne d’adoption, originaire de Bouctouche au Nouveau-Brunswick, a écrit de nombreux livres, des best-sellers, racontant son parcours après le cloître et tentant d’enseigner une spiritualité laïque.

Elle a aussi, en tant qu’habile communicatrice, participé à de nombreuses émissions télévisées et radiophoniques. Ses communications auprès de la population et des médias ont toujours été accueillies avec intérêt. Andréa Richard a dépensé aussi beaucoup d’énergie pour œuvrer à l’implantation d’un chapitre du Mouvement laïque québécois en Mauricie.

Le Prix Condorcet-Dessaules a été institué en 1993 par le MLQ pour honorer une personnalité publique qui a œuvré pour la défense de la laïcité et de la liberté de conscience. Il est nommé en l’honneur du marquis de Condorcet, un philosophe du siècle des Lumières et l’un des rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et de Louis-Antoine Dessaules, activiste, essayiste et homme politique québécois. Parmi les personnes ayant reçu ce prestigieux prix, il y a eu, entres autres, Henry Morgentaler (1994), Pierre Bourgault (2001), Janette Bertrand (2003) et Djemila Benhabib (2016).

Par ce prix, Andréa Richard est entrée dans le «Monde des Grands».