Blaine Higgs, chef conservateur au Nouveau-Brunswick.
Blaine Higgs, chef conservateur au Nouveau-Brunswick.

Le bilinguisme de l’Acadie

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Je suis Québécoise, d’origine acadienne du sud du Nouveau-Brunswick. J’ai connu un milieu bilingue. 

Dans le nord du Nouveau-Brunswick, Tracadie, on parle français, et dans le sud, Moncton, c’est l’anglais qui domine.

Au Nouveau-Brunswick, il est bien connu que la majorité des francophones sont bilingues et que la majorité des anglophones sont unilingues.

Ma mère est une Américaine d’origine Irlandaise, institutrice, et portant fièrement le nom de Casey. Cependant, lorsque sa famille a déménagé au Canada, les curés catholiques obligèrent mes grands-parents à changer leur nom Casey pour le français Caissie. Ceux que l’on nommait les «Anglais» étaient protestants et les «Français» étaient catholiques. Dans les années 40, les familles pauvres de la campagne, portant des noms français, se sont fait promettre par les protestants que s’ils acceptaient de devenir protestants et de changer leurs noms, ils pourraient déménager à Moncton, ville plus anglaise, et les chefs de famille pourraient obtenir un emploi plus payant! Sur ce, des Lebrun sont devenus des Brown, des Leblanc devinrent des White et ainsi de suite... Après quelques générations, les descendants de ces anciens francophones sont maintenant considérés comme étant des «Anglais» protestants et certains ignorent qu’ils sont des descendants de «Français»!

À l’âge de 14 ans, j’ai pris connaissance de l’histoire des Acadiens et la déportation forcée par les Anglais en 1755. Aux archives de l’Université de Moncton, on attribue à mon grand-père, le député François G. Richard, la victoire d’avoir fait entrer le français à l’École Normale de Fredericton, ce qui fut son grand combat. Actuellement, les Acadiens luttent pour conserver la langue française. Dans les magasins de Moncton, on ne peut pratiquement plus être servi en français. Je ne peux donc être indifférente à ce qui se passe actuellement ici au Québec.

Je souhaite bonne chance à François Legault, qui prend à cœur la conservation du français, car au Nouveau-Brunswick, notre chère Acadie, le chef conservateur, M. Blaine Higgs, semble en faire le moins possible pour cette noble cause.

Andréa Richard
Trois-Rivières