L'autonomie de la personne est un droit

En réaction à la lettre de Jean-Yves Marchand «Ouverture sur l'euthanasie» publiée mercredi.
1) La charte des valeurs et le projet de loi «Mourir dans la dignité» sont pour moi des propositions de lois qui visent à favoriser des comportements sociaux dans le respect de la dignité et la liberté des personnes. Il en est ainsi pour les personnes qui désirent, en fin de vie, une aide médicale à mourir, selon leurs valeurs.
2) Contrairement à l'auteur de la lettre, je suis davantage sensible à la personne que la vie anime, et non à la vie comme principe inviolable. C'est la personne vivante qui est inviolable. Ce qui est au coeur de l'esprit du projet de loi sur «Mourir dans la dignité».
3) La décision d'un avortement et celle libre et lucide d'une demande d'aide médicale à mourir, sont des choix qui responsabilisent la personne qui en fait la demande. L'autonomie de la personne est un droit.
4) Il me paraît tendancieux et exagéré de faire référence au mot et à la réalité génocide lorsqu'un débat ouvert et respectueux sur la réalité «Mourir dans la dignité» se réalise au milieu de citoyens bien informés des issues d'une consultation démocratique.
5) Je suis entièrement d'accord avec l'importance d'un réseau de soins palliatifs bien organisé apte à répondre aux besoins des personnes en fin de vie qui, par des sédations temporaires ou définitives, semblent vivre une mort plus douce. C'est d'ailleurs les services dont pourront profiter la plus grande majorité des citoyens en fin de vie.
6) Mais pour tous ceux pour lesquels la science médicale n'arrive pas à soulager efficacement les souffrances de fin de vie, je pose la question suivante: quel est le geste le plus humain? Le médecin qui accepterait la demande d'aide d'un patient lucide, atteint d'une maladie incurable pour laquelle il n'y a aucune façon de soulager ses souffrances, ou le médecin fermé à la supplication du patient devant des souffrances indicibles et incontrôlables, centré sur la valeur de la vie à tout prix? Mais où l'humain est au service de la vie et non le contraire.
Gilles Lebel
Trois-Rivières