L'apocalypse est de retour

En réaction à la lettre d'opinion de M. Liguori Leclerc intitulée «Il faut sauver notre civilisation», publiée dans notre édition du 31 juillet dernier.
Notre civilisation s'en irait chez le diable et il serait urgent de la sauver. Selon M. Leclerc toujours, nous vivons au rythme des meurtres, vols et fraudes. Les divorces sont de la partie et les églises sont abandonnées (quel drame!).
De plus, le respect du dimanche est remplacé par le commerce (c'est terrible!). L'auteur qui s'en prend aussi à l'homosexualité, nous invite à observer les dix commandements de Moïse, en accord avec les religions actuelles. Il faut à tout prix éviter la catastrophe prochaine, tel qu'annoncée dans l'apocalypse et par les prophètes. Quand ça va mal, ça va mal!
Ma réplique à ces oiseaux de malheur qui se nourrissent des mauvaises nouvelles est fort simple. Il suffit d'entrouvrir la porte du positif pour constater que notre société, dans son ensemble, se porte mieux qu'avant.
Qui retournerait vivre au début du siècle dernier où les magouilles politiques étaient monnaie courante, où l'ivrogne vidait la maison les soirs de paye, où la faim faisait partie du quotidien, où la moitié de la population était illettrée, où la femme entourée de sa marmaille, était assignée aux chaudrons, où la peur était le meilleur outil de contrôle, etc.?
Certes, nous traversons une période de renouveau, tant social que scientifique et autres, mais ça ne fait que commencer; alors aussi bien s'y faire.
Dans l'espérance permanente de jours meilleurs, il n'est pas nécessaire de brandir la vieille menace de l'apocalypse pour nous tenir éveillés.
Roger Matteau
Shawinigan