Yves Lévesque

Laissez la «chance» à d'autres...

Lettre adressée au maire Yves Lévesque.
En 1982, je déménage à Trois-Rivières, une ville que je connais bien. Je trouve rapidement une maison, rue des Bouleaux, dans un quartier paisible, près d'une école, d'un terrain de jeux et d'autres facilités. Endroit idéal. J'allais bientôt déchanter.
Chaque jour, j'empruntais alors la rue des Chenaux à trois ou quatre reprises pour mon travail, commissions, etc.
Ce que je ne savais pas cependant, c'est qu'un comité d'accueil semblait être installé en permanence coin des Chenaux, près du petit parc à la mémoire de la petite Cédrika et la rue Jeanne-Crevier, avec policier, voiture fantôme et radar au bout du bras pointé sur les autos arrivant sans méfiance. J'ai fait leur connaissance assez vite, merci. Mon épouse et mes trois enfants ont eu aussi cet insigne privilège. Depuis 40 ans donc, notre famille a généreusement contribué à maintenir la caisse municipale en bonne santé.
Je suis maintenant presque octogénaire et j'ai ralenti la vitesse de mon véhicule depuis longtemps. Mais un moment d'inattention et la trappe à contraventions de la rue des Chenaux nous ramène à la réalité assez rapidement.
Depuis notre arrivée dans ce secteur, nous avons vu des centaines d'automobilistes être arrêtés à cet endroit.
La semaine dernière, après avoir récolté ma ixième contravention, j'ai vu, quelques jours plus tard, deux autos être interceptées par le même policier et je suis prêt à parier qu'il s'agissait de deux résidents du quartier. C'en devient choquant. 
Monsieur le maire, je crois que nous avons assez donné. Il y a quelques années j'avais pris l'initiative de sonder mes voisins immédiats à ce sujet et sans surprise, quelques-uns d'entre eux avaient déjà goûté à la médecine de notre corps policier à ce même emplacement. Quelle chance ils ont de demeurer à leur portée. Pourriez-vous, M. le maire, nous rendre un petit service et demander à vos policiers de déménager ailleurs et de nous laisser en paix.
Mes voisins ne sont pas des coureurs en Formule 1 mais des gens honorables et respectueux des lois qui aimeraient bien que nos policiers donnent la chance à d'autres de renflouer les coffres de la municipalité.
Claude Paquette
Trois-Rivières