L'aide à vivre dans la dignité

Est-il possible d'imaginer des parents tuer sciemment leur enfant à sa naissance, parce que cet enfant souffrira physiquement ou moralement, un jour ou l'autre? La réponse est non!
Nous espérons toujours le meilleur pour ceux que nous aimons, ce qui nous oblige à protéger férocement à la fois leur santé et leur vie. Mais comme le hasard s'oppose souvent aux choix que nous faisons, le nouveau-né sera-t-il comblé de bonheur ou en sera-t-il privé? Nous l'ignorons!
Mais la dignité humaine nous oblige à le respecter inconditionnellement!
Depuis 1946 jusqu'à aujourd'hui, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.
La santé implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu'ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels, et ce, à compter du stade de l'embryon jusqu'à la personne âgée.
Le médecin veille donc à la santé des personnes et de toute la collectivité, le rendant ainsi responsable de l'aide à vivre!
Mais qu'arrive-t-il quand la guérison devient impossible pour ceux qui:
- veulent vivre pour ceux qu'ils aiment;
- veulent mourir pour ne pas déranger ceux qu'ils aiment;
- sont seuls ou abandonnés;
- n'ont aucune ressource financière; 
- ont des survivants qui refusent d'être dérangés; 
- veulent en finir parce qu'ils ont assez souffert sans être rendus au bout du chemin?
Certains vieux parents font alors le sacrifice ultime de leur vie pour ne pas déranger leurs propres enfants, qu'ils ont pourtant aimés, nettoyés, nourris, socialisés, instruits et souvent financés. Les vieux parents se retrouveront alors de façon anonyme dans des résidences ou des CHSLD, avant de quitter la vie, bien seuls...
Les gens ont surtout besoin, en fin de vie, de s'accrocher à une main réconfortante et chaude, de se sentir encore utiles et d'être couverts de baisers. 
Ils veulent emporter avec eux la preuve qu'ils n'auront pas vécu en vain et avoir la certitude que quelqu'un se souviendra d'eux... 
C'est ça la dignité humaine!
Il n'y a rien d'indigne, au contraire, à suivre les étapes de la vie!
Et tout ça pendant que les antidouleurs ou les antidépresseurs enraient le mal... Pas besoin de piqûre ni de calendrier pour fixer la date du «dernier spectacle familial» ou, mieux, des prochaines vacances!
On ne choisit pas l'heure à laquelle nous venons au monde, ni celle où nous le quittons!
Aucune loi, adoptée POUR et non PAR la majorité de la population, ne peut apporter une solution valable à des problèmes individuels et familiaux.
Le but ultime de nos gouvernements serait-il de désengorger les lits d'hôpitaux?
En fait, la loi 52 permet aux gens de choisir entre «mourir seuls pendant longtemps» et «mourir rapidement» pour éviter de pleurer et libérer la place!
Si cette loi dérape, elle fera de nombreuses victimes d'un choix de mots inapproprié: «mourir dans la dignité», ça veut dire quoi exactement?
Nous sommes tous nés égaux en raison de notre droit à la vie!
La «dignité humaine» signifie que toute personne mérite un respect inconditionnel, quels que soient l'âge, le sexe, la santé physique ou mentale, la religion, la condition sociale ou l'origine ethnique de l'individu en question.
En arrivera-t-on à éliminer la «classe moyenne», prétextant qu'elle a le mal de vivre parce qu'elle paie trop d'impôts?
Pourtant, la plupart de ces personnes sont plus sereines et équilibrées que les mieux nantis... Le réflexe normal, c'est de vouloir vivre, pas mourir!
L'universalité des soins, c'est aussi l'universalité de la vie.
Nous devrions cesser de toujours revendiquer aux gouvernements la solution à nos problèmes parce que, au final, c'est notre liberté que nous perdrons!
Nous devons, en tant qu'individus membres d'une société civilisée, souscrire à l'«aide à vivre», en assumant nos responsabilités personnelles.
Pourquoi nos gouvernements mettent-ils autant d'emphase sur un problème strictement émotionnel et personnel, qui fait «jaser», comme la loi 52, plutôt que de stimuler l'économie?
Pour conclure, qui se souvient du film d'anticipation Soleil vert, sorti en 1973? Je pense que nous commençons à y voir plusieurs similitudes très inquiétantes dans le monde actuel...
Denyse St-Onge
Trois-Rivières