L'écrivaine Djemila Benhabib est en accord avec les propos tenus cette semaine par le maire de Québec, Régis Labeaume.

Laïcité, étape décisive sur le «chemin des victoires»

Pour plusieurs Québécois et Québécoises dont la voix n'est pas assez entendue sur la scène politique, la nation doit se situer au-dessus des tribalismes communautaires.
Car au-delà des croyances surnaturelles, il y a le respect de la laïcité de l'État. L'histoire d'ici comme d'ailleurs montre que la laïcité est le socle des libertés fondamentales, dont celles de conscience et d'expression, et que son contraire, l'intrusion du religieux dans l'État, se traduit toujours par des atteintes à ces mêmes libertés conquises, souvent au prix de dures luttes, par les Québécois et Québécoises qui nous ont précédés dans notre histoire. 
Sous peine de renier sa raison d'être, le Parti québécois doit rappeler que le Québec n'est pas une addition de tribus ethniques ou religieuses, mais une nation dont chacun peut s'approprier l'histoire et l'identité, dont la langue, le français, doit être parlée par tous, et dont les valeurs nationales, dont nous n'avons aucune raison d'avoir honte, sont aussi appelées à être celles de tous.
Cela implique de ne pas céder aux pressions médiatiques, ni de s'adonner au racolage clientéliste comme le font certains partis politiques. Cela implique aussi de promouvoir, mais aussi de se porter à la défense de la vision nationale et laïque à laquelle nos compatriotes de toutes origines adhèrent en grand nombre. 
Il serait aberrant que ces mêmes compatriotes attachés à la laïcité de notre État soient délaissés par le PQ. Nous espérons donc que le PQ demeurera cette voix courageuse et forte qu'il a déjà incarnée notamment lors de l'adoption de la loi 101 et lorsqu'il a défendu la proposition d'une charte de la laïcité de l'État.
Toutefois, nous constatons avec désolation que le PQ recule sur la langue et sur la laïcité. C'est une erreur. Le PQ ne doit pas céder sur nos valeurs fondamentales. La défense de la nation et de ses fondamentaux comme gage d'unité des citoyens québécois doit être sa priorité.
Dans cette perspective, nous rejoignons l'analyse de Djemila Benhabib publiée récemment et nous serions rassurés d'apprendre qu'elle sera appelée à jouer un plus grand rôle au sein du PQ en matière de laïcité et de diversité.
Le PQ veut vraiment s'ouvrir? Voilà en effet, en confiant à Mme Benhabib une telle responsabilité, une belle occasion de le démontrer, car cette Québécoise au parcours remarquable défend notre vision avec autant de courage que de pertinence. 
Nous demandons donc cordialement au chef du Parti québécois de tenir sérieusement compte de ces sensibilités que nous portons et des enjeux qui ont amené plusieurs d'entre nous à reconnaître la nécessité de l'indépendance du Québec.
Ces préoccupations sont fortement présentes au sein du PQ et elles se sont largement exprimées lors de la course à la chefferie, contribuant à l'élection du chef actuel.
Elles sont aussi fortement présentes chez de nombreux citoyens dont le PQ aura besoin de l'appui s'il veut réellement pousser Philippe Couillard et son gouvernement dans les poubelles de l'histoire, seule place que les libéraux méritent pour avoir présidé à un saccage sans précédent de notre nation et de notre État. 
Abdelli Mohand
Annie-André Chouinard
Andréa Richard
Hafida Oussedik
Nadia El-Mabrouk
Louise Mailloux
Jeremy Normand
Yves Rocheleau