L’église Saint-Jean-de-Brébeuf face à la mosquée pourrait devenir le Centre culturel islamique de la Mauricie.

La vente de feu a débuté et on brade notre patrimoine

OPINIONS / Oyez, oyez, bonnes gens! Nous tenons une grande vente de feu. Venez en grand nombre faire une offre, nous bradons nos églises au bénéfice des plus offrants.

Récemment notre quotidien Le Nouvelliste, toujours à l’affût de la nouvelle, nous apprenait que l’église Saint-Pierre de Shawinigan avait été vendue au prix miraculeux de 40 000 $ à un promoteur qui a l’intention d’en faire un musée. Le prêtre responsable de ce chef d’œuvre du patrimoine religieux régional a fièrement déclaré que nous étions devant un miracle. Personnellement, j’estime que c’est plutôt une tragédie, un véritable drame. Brader cette église qui possède 26 vitraux réalisés par Guido Nincheri, trois autels en marbre d’Italie et un orgue Casavant relève de l’inconscience, de l’ignorance et pourquoi pas de l’incompétence pure et simple. Un seul des vitraux vaut plus que la somme obtenue et il en est de même de chacun des autels et de l’orgue Casavant.

Malheureusement, ce n’est là que le début de la dispersion de notre patrimoine religieux régional. En fin de semaine dernière, nous apprenions par le Semainier paroissial, et cela a été confirmé par Le Nouvelliste le mardi 10 septembre, que l’Assemblée de fabrique de la paroisse Du Bon Pasteur de Trois-Rivières avait accepté d’étudier une offre d’achat non sollicitée pour l’église Saint-Jean-de-Brébeuf, son presbytère et ses terrains, offre d’achat déposée par le Centre culturel islamique de la Mauricie. Cette église accueille encore des célébrations eucharistiques dominicales un mois sur deux, en alternance avec l’église Sainte-Marguerite. Le presbytère est loué à la Maison Re-Né et le passage, au Mouvement Albatros.

Ce qui est le plus choquant dans cette annonce, c’est d’apprendre que les marguillières et marguilliers ont entrepris l’étude de cette offre d’achat sans avoir au préalable sollicité l’avis des paroissiennes et paroissiens. Pourtant, un document diocésain produit à l’époque où monseigneur Martin Veillette dirigeait le diocèse de Trois-Rivières précise la démarche à suivre pour disposer de ce type de bien paroissial. C’est là, à mon avis une façon de faire irrespectueuse des fidèles du secteur directement concerné. Peut-être que les marguillières et marguilliers ignoraient l’existence de ce document, mais très certainement pas le modérateur qui est notaire de formation et a probablement contribué à la rédaction de ce document.

Souhaitons qu’avant d’aller plus loin, l’Assemblée de fabrique de notre paroisse mette une pause à l’étude de cette offre d’achat et tienne, dans les plus brefs délais, une rencontre des paroissiennes et paroissiens pour obtenir leur avis. Il faudrait aussi que nos marguillères et marguillers ainsi que le modérateur se rappellent que notre évêque a mis sur pied un comité de travail sous la responsabilité de monsieur René Beaudoin quant à l’avenir des lieux de culte de notre diocèse et que ce comité doit remettre son rapport cet automne à l’occasion d’une assemblée publique, m’a-t-on dit. Il n’y a donc pas urgence en la demeure.

D’ici là, restons aux aguets, car la rumeur veut qu’un transfert d’actif matériel important soit à l’étude depuis une église nécessitant des travaux majeurs vers une autre qui a bonne réputation par sa situation géographique.

Pierre Auger

Trois-Rivières

Résident du secteur Saint-Jean-de-Brébeuf depuis 66 ans