Tout ce qui a trait à la religion catholique est disparu de ce qui se véhiculait naturellement jadis, tant dans les familles que la société québécoises.

La religion s'efface de la culture générale

Depuis que les baby-boomers âgés de 55 à 70 ans ont rejeté (dans leurs pratiques et leurs connaissances), ridiculisé (dans les médias) et attaqué (en procès ou en politique) la religion catholique, une grande partie des Québécois ignorent ce volet de leur culture.
Notez que lorsqu'on ignore quelque chose, ce n'est pas de notre faute mais plutôt de celle des personnes plus instruites, souvent plus âgées, qui ne nous l'ont pas enseignée.
Vous me direz que les Québécois sont très instruits. Je vous répondrai que cela dépend du domaine. Ainsi, tout ce qui a trait à la religion catholique est disparu de ce qui se véhiculait naturellement jadis, tant dans les familles que la société québécoises.
Vous voulez faire un test de connaissances religieuses? Amusez-vous à répondre ou demandez à des gens de moins de 20 ans (et souvent plus vieux) la signification des mots suivants. Ici, seules des réponses précises et courtes sont acceptées. 
Voici des mots que j'ai volontairement placés dans un ordre quasi aléatoire et en évitant, autant que possible, les majuscules: communauté, couvent, soeurs, religieuses, Notre-Dame (N.-D. de Lourdes, N.-D. de Fatima, N.-D. de l'Assomption), Trinité (qui en sont les membres?), ciel, Jésus, Marie, messe, calice, église, ciboire, tabernacle, autel, jugement particulier et dernier, frères, prêtre, évêque, pape, Bible (nouveau testament, ancien testament), bienheureux, enfer, saints, Église, clocher, Vatican, matines, vêpres, angélus, requiem, croix, crucifix, chemin de croix, oraison, Joseph, chapelet, alléluia, apparitions, péché, hostie...
Selon le nombre de bonnes réponses, vous aurez une idée exacte de votre niveau de connaissance et de celui de vos proches dans un domaine qui était, dans les années 1950, très connu de tous et toutes. Ici je parle des gens que, depuis les années 1970, notre société qualifie souvent de peu instruits. Comme toujours, l'instruction dépend encore de ce que l'on veut enseigner. 
Évidemment, j'ai volontairement choisi un domaine de connaissances qui, au Québec, est maintenant disparu. Plusieurs crieront «Bravo!», moi je vous dirai que toutes ces pertes ne concernent pas uniquement la religion mais aussi la compréhension véritable d'une grande partie de la peinture, sculpture, musique et architecture européenne du Moyen Âge jusqu'au 19e siècle inclus, soit 1000 ans de créations et culture. 
Je ne porte plus de jugement, je ne fais que constater. Je laisse à chacun et chacune le choix de ses conclusions personnelles.
Marie-Andrée Groarke
Trois-Rivières