L'école de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

La prudence est de mise

Avant de poser un geste qui pourrait avoir comme conséquence de fermer une école primaire dans une municipalité rurale, les membres d’un conseil d’établissement devraient y penser deux fois.

L’étrange jeu de coulisses qui semble se produire dans les municipalités desservies par l’école primaire du Versant-de-la-Batiscan est inquiétant, même si la Commission scolaire du Chemin-du-Roy a clairement fait savoir qu’il n’était pas question de fermeture. Pour le moment, du moins.

Plus tôt cette semaine, on apprenait que des parents avaient signé une pétition pour demander à la Commission scolaire de transférer à Saint-Stanislas les élèves qui fréquentent actuellement l’école Saint-Charles, à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Le conseil d’établissement de l’école du Versant-de-la-Batiscan, qui regroupe les deux pavillons en question, tenait mercredi soir une rencontre extraordinaire sur cette proposition de regroupement en un seul lieu.

La grogne de certains parents – et celle des élus municipaux de Sainte-Geneviève-de-Batiscan – a finalement eu pour effet de freiner les ardeurs du conseil d’établissement, qui souhaitait qu’une consultation soit tenue par la commission scolaire sur le regroupement des élèves de l’école Saint-Gabriel de Saint-Stanislas avec ceux de l’école Saint-Charles de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

Le conseil d’établissement a plutôt décidé d’aller consulter les parents par le biais d’un sondage avant de prendre une décision quant à recommander ou non au conseil des commissaires d’aller en consultation publique sur le sujet du regroupement souhaité par une poignée de parents.

Ça fait beaucoup de consultation, mais si ça peut éviter de mettre la clé sous la porte d’une école primaire, tant mieux.

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan, le fait d’évoquer un regroupement fait immédiatement apparaître le spectre d’une fermeture de l’école primaire, ce que toute municipalité rurale craint comme la peste. Parce qu’une municipalité sans école primaire, ça perd de son pouvoir d’attraction pour les jeunes familles qui souhaiteraient s’y installer. 

Dans le cas de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, ça viendrait aussi créer un vide dans la vie publique. La Municipalité a investi 300 000 $ à l’école Saint-Charles afin d’y aménager la bibliothèque municipale. L’école est devenue un lieu de rencontre pour plusieurs citoyens.

Le maire de l’endroit, Christian Gendron, avait toutes les raisons d’être furieux.

Le plus triste, dans cette affaire, c’est que le mouvement visant à regrouper à Saint-Stanislas les élèves du niveau primaire semble venir de parents des deux municipalités voisines de Sainte-Geneviève-de-Batiscan: Saint-Prosper et Saint-Stanislas. Elle est où, cette solidarité rurale dont on vante souvent les vertus? 

Il est possible qu’un regroupement des élèves de ces trois communautés à l’école Saint-Gabriel de Saint-Stanislas puisse éventuellement entraîner des économies. Mais dans des cas comme celui-là, sauver quelques dollars est bien peu par rapport au risque de dévitaliser une communauté en lui enlevant sa petite école.

 Un conseil d’établissement et une commission scolaire doivent tenir compte de ça. Les trop nombreux exemples de communautés qui ont dû se battre pour sauver leur école primaire ou éviter des mouvements d’élèves nous rappellent sans cesse l’importance d’une telle institution pour un milieu.

Il faudra certainement que les Genevièvois demeurent vigilants face à l’assaut de leurs voisins...