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La pénurie de main-d’œuvre : talon d’Achille de la relance 

Daniel Côté
Président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé
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POINT DE VUE / La relance économique est déjà bien entamée au Québec. Après plus d’un an de confinement, les Québécoises et les Québécois peuvent recommencer à respirer et à sortir de la maison, et les entreprises peuvent enfin reprendre leurs activités. Pourtant, une ombre persiste au tableau : la pénurie de main-d’œuvre. 

Le sujet ne date pas d’hier, on en parlait déjà dans les années 2000. Nous savons depuis longtemps que la population actuelle, à elle seule, ne peut combler les emplois vacants au Québec, et ce, malgré la robotisation ou la requalification des compétences. Nous avons besoin de travailleuses et de travailleurs venant de l’étranger. C’est urgent. Aujourd’hui, on parle d’environ 150 000 postes vacants et la situation ne s’améliorera pas. Selon Emploi Québec, on estime que d’ici 2026, ce seront 1428 200 emplois qui ne trouveront pas preneur. 

La pandémie est venue cristalliser ce phénomène de pénurie et a engendré de nouveaux défis. Des centaines de travailleuses et de travailleurs temporaires, prêts à venir travailler au Québec, sont incapables de passer les frontières pour occuper ici leur emploi. D’autres sont déjà sur le territoire québécois, mais se voient confrontés à des délais de traitement démesurés de leur dossier, déphasés avec l’urgence de la situation. Les lourdeurs administratives persistent malgré tout.

Ce manque de main-d’œuvre pousse nos entreprises à refuser des contrats. Dans un contexte de sortie de crise, elles n’ont pas le luxe de laisser passer ces opportunités. Les exemples sont nombreux. On pense tout de suite aux secteurs industriel et manufacturier. Avec l’été qui est à nos portes, il y a aussi le secteur touristique, qui sera rapidement pris d’assaut par la population. Ce sont des secteurs névralgiques pour plusieurs régions, qui souvent en dépendent. Sans main-d’œuvre, c’est la vitalité d’un milieu qui en paie le prix.

Les municipalités peuvent avoir un impact positif dans ce dossier. Elles sont des actrices de premier plan en matière de développement économique et sont les mieux placées pour connaître les besoins en matière de main-d’œuvre sur leur territoire. Souvent, les élues et élus connaissent par leurs prénoms les entrepreneures et entrepreneurs qui se trouvent à la tête des entreprises touchées. Les municipalités peuvent donc agir de concert avec elles en matière d’accueil de nouveaux arrivants pour combler les postes vacants. Elles sont des partenaires privilégiées et offrent leur pleine collaboration aux gouvernements dans la mise en place d’actions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre.

Notre économie doit redémarrer à plein régime, partout au Québec. Nous devons trouver des solutions rapidement, ensemble, si nous ne voulons pas manquer le bateau de la reprise. 

Il faut trouver des solutions génératrices de richesse pour toutes les régions du Québec. Pas demain. Maintenant.

Membres de la Commission sur le développement économique de l’UMQ : 

Denis Martin, président de la Commission et maire de Deux-Montagnes

Doreen Assaad, mairesse de Brossard

Luc Brisebois, maire de Mont-Tremblant

Lyne Boulanger, mairesse d’East Angus

Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines

Diane Dallaire, mairesse de Rouyn-Noranda

Simon Deschênes, maire de Sainte-Anne-des-Monts

Joé Deslauriers, maire de Saint-Donat

Luc Gibbons, maire de Saint-Félicien

Vicki-May Hamm, mairesse de Magog

Jérôme Landry, maire de Matane

Diane Lavoie, mairesse de Beloeil

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau

Claude Morin, maire de Saint-Georges

Christian Ouellette, maire de Delson

Serge Péloquin, maire de Sorel-Tracy