La nature est inquiète

OPINIONS / J’habite en pleine campagne. Pour la première fois je constate que les cèdres sont à ce point chargés de graines censées assurer leur reproduction qu’ils ploient d’un salut presque majestueux. Ils sont inquiets. C’est également la première fois que je ne vois plus de couleuvres sur mon vaste terrain. En réalité j’en ai vu une seule depuis avril. Je ne vois plus autant d’oiseaux tant en nombre qu’en variété d’espèces. J’ai vu quelques abeilles butiner vaillamment mais aucun nid de guêpes. Ce n’est pas normal. La forêt brûle en Amazonie. Les ours polaires meurent noyés parce que leurs banquises ont fondu. Nous assistons indolemment à une extinction de masse, des milliers d’espèces ayant déjà disparues. Et un jour ce sera notre tour.

Je suis un jeune homme de 78 ans et j’adhère entièrement au combat de la jeune Greta Thunberg, 16 ans, qu’il s’agisse de sa colère, de ses mots, de ses phrases, de ses constats et de ses rêves. Les faiseurs d’argent doivent comprendre: «Comment osez-vous?»

Dans les années 50, la terre hébergeait environ 2 milliards d’êtres humains. Aujourd’hui nous sommes presque 8 milliards. La terre doit produire davantage pour nourrir tout ce monde, d’où insecticides et engrais chimiques. Plus nous sommes nombreux plus il y aura d’usines, de mines, d’automobiles, de routes, de pétrole, de plastique, d’avions, de navires, de trains, etc. C’est la rançon de la surpopulation. Je sais que l’Homme n’aura pas la sagesse de contrôler les naissances pour toutes sortes de raisons: religion, éthique, philosophie, nationalisme, etc. Qu’à cela ne tienne! C’est la nature qui va s’en occuper. Comment? Je l’ignore mais je la crains. Enfin, chaque gouvernement devrait avoir un ministère de la Science dont les membres seraient des scientifiques reconnus. Les politiciens ne pourraient pas dire ou faire n’importe quoi comme le font messieurs Scheer et Donald Trump.

Serge Gagnon

Louiseville