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Justin Trudeau, premier ministre du Canada.
Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

La marque Parti libéral entachée de nouveau

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / L’auteur, René Villemure, est éthicien. Il est également candidat à l’investiture du Bloc québécois dans la circonscription de Trois-Rivières.

La publication des rapports Commissaire à l’éthique sur la conduite de Justin Trudeau et de Bill Morneau dans l’affaire UNIS est presque passée inaperçue au Québec où les médias n’ont pris la peine que de coiffer leurs articles sur cette affaire des titres comme «Justin Trudeau, blanchi et Bill Morneau, blâmé». Ces articles aux titres réducteurs manquent cependant l’essentiel de cette affaire.

Au-delà du verdict, contestable selon Democracy Watch et plusieurs éthiciens et spécialistes des conflits d’intérêts, Monsieur Trudeau n’a pas été «blanchi», il n’a simplement pas été trouvé coupable. La différence est de taille et réside dans l’interprétation du concept d’ami.

Nonobstant l’interprétation du Commissaire à l’éthique de ce concept, il faut élever le regard et voir que c’est la troisième fois que le premier ministre était sous enquête pour des manquements à l’éthique. Que ces enquêtes sur le premier ministre faisaient elles-mêmes suite au scandale des commandites et à la Commission Gomery qui était, il faut s’en souvenir, une enquête sur les détournements de fonds faits par le Parti libéral au cours des années 1997 à 2003 qui avait conclu à une ingérence politique de la part de la garde rapprochée du premier ministre Chrétien dans la gestion des programmes de commandites.

Les ressemblances entre le scandale des commandites (une ingérence politique et des détournements de fonds) et le programme UNIS (ingérence politique et attribution discutable de fonds publics) sont inquiétantes; elles nous portent à conclure que rien n’a changé dans les façons de faire du Parti libéral. Un ami, c’est encore un ami.

Au fond, quelles que soient l’interprétation du concept d’amitié et les conclusions du Commissaire à l’éthique, lorsque l’on regarde la manière de faire du Parti libéral au cours des 25 dernières années, on ne peut que conclure que l’éthique n’a pour les libéraux aucune importance. D’ailleurs, le premier ministre a choisi de balayer le scandale UNIS sous le tapis et n’a même pas jugé opportun de répondre en public au rapport du Commissaire. Cette désinvolture est une honte pour la démocratie.

Ce désintérêt pour l’éthique nous force à constater que la marque Parti libéral est de nouveau entachée et que ces derniers ne semblent pas s’en offusquer.