La langue bien pendue

Je lisais avec intérêt l'autre jour l'intervention de madame Sandra Dessureault, vice-présidente de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, au sujet de l'affichage en français de nos commerces et places d'affaires, affichage passablement massacré.
Eh bien, sachez qu'on vient d'ouvrir un nouveau salon de coiffure au centre-ville de Trois-Rivières qui se nomme Div Hair Gens! Textuellement!
On suppose que ledit salon veut tondre et/ou replacer les cheveux de «divers gens», les hommes, femmes et enfants, mais est-il nécessaire de l'annoncer de manière si saugrenue?
Quoi qu'il en soit, le souci de bien nous exprimer au moyen de notre magnifique langue française ne doit jamais faire relâche et, en ce sens, saluons cette bande publicitaire quotidienne qui paraît dans Le Nouvelliste où l'on nous sert le «mot du jour» en collaboration avec Antidote.
Car sachons, bien sûr, que c'est grâce entre autres à notre maîtrise du vocabulaire que nous parvenons à mieux dire les choses; exprimer ce qui peuple nos pensées.
Et disons-le sans ambages: nous sommes rendus à devoir nous compter chanceux de jouir encore de suffisamment de liberté pour exposer nos idées, nos sentiments; c'est-à-dire pour rendre publiques nos convictions privées, comme nous le rappelait un jour Régis Debray.
Réjean Martin
Trois-Rivières