Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale
Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale

La formation au coeur de la stratégie de relance du Québec

POINT DE VUE / Au cours des prochains mois, tous les États devront mettre en œuvre des stratégies de relance économique. Certains auront des moyens limités, d’autres investiront stratégiquement là où les effets seront les plus positifs pour leur population. Ils le feront en tenant compte de l’employabilité comme de l’organisation des nouveaux environnements de travail. 

Pour plusieurs, repartir ou rebâtir une économie ne sera pas facile tant et aussi longtemps que le virus ne sera pas déclaré vaincu. Malgré tout, il faut dès maintenant commencer à répondre aux défis de demain.

Le Québec, par ses démarches actuelles de concertation, son paritarisme et ses initiatives progressistes en matière d’employabilité et d’organisation du travail, est certainement capable de faire face aux nouveaux phénomènes que toutes les économies occidentales vont connaître. Pensons notamment à l’existence simultanée du chômage sectoriel et des besoins aigus de main-d’œuvre dans les secteurs en croissance.

Cette crise sera révélatrice de notre capacité à mettre en place une nouvelle stratégie québécoise de l’emploi, adaptée à la conjoncture actuelle et intégrant les enjeux de formation et les enjeux économiques. Au-delà de chaque particularité régionale, des secteurs où la main-d’œuvre est en forte demande, comme la santé, les technologies de l’information et la construction, seront aux premières loges des besoins de recrutement.

La clé de la réussite est l’investissement massif dans la formation et le développement de compétences. Le Québec pourra sortir rapidement de la situation économique actuelle en empruntant ce chemin. Une société davantage formée est effectivement une société plus compétente, plus polyvalente, plus active et plus forte, à même de mieux soutenir les bouleversements économiques et d’en tirer des bénéfices pour les individus et les entreprises.

Les prochaines publications sur les données de l’emploi donneront davantage de précisions sur les secteurs d’activité économique où la main-d’œuvre est recherchée et sur ceux où elle est abondante, nous permettant ainsi de mieux cibler nos actions à venir.

Maintenant, il est important de retenir que le nombre accru de chômeurs et le redémarrage plus lent de certains secteurs nous imposeront la nécessité de créer de nouveaux programmes agiles en adéquation avec les besoins du marché du travail.

Toute la conjoncture nous amène à élaborer rapidement de nouvelles stratégies pour faire plus et faire mieux. Les ententes Canada-Québec sont d’ailleurs de bons exemples, car elles nous permettent d’obtenir des marges de manœuvre nécessaires pour adopter une stratégie de l’emploi importante et efficace.

La Prestation canadienne d’urgence (PCU) aura une fin. Elle sera aussi le signal de départ d’une réponse québécoise à la nouvelle réalité du marché du travail. Nous avons le devoir, en tant que société, de transformer cette période trouble en occasion à ne pas manquer. Il devient plus essentiel que jamais de rehausser les compétences des Québécois et de les préparer au marché du travail de demain.

La crise actuelle exacerbe le fait que ce sont les emplois les moins qualifiés qui sont les plus précaires et qui font les frais des aléas de l’économie. Si nous voulons tous vivre dans un Québec plus inclusif, plus équitable et plus prospère, nous devons nous attaquer à ces aspects sans tarder.

Il faut dès maintenant, avec tous les partenaires du marché du travail, nous mettre en action, et la meilleure façon d’y arriver est d’investir massivement dans la formation.