Oui, c'est vrai nous sommes différents parce que nous dépendons de l'État. Notre différence dérange. Dérangeante aussi parce que monsieur et madame Tout-le-monde pensent que tous les assistés sociaux sont des personnes qui ne veulent pas travailler ou des personnes qui, en plus de recevoir un chèque, travaillent «au noir».

La différence dérange et l'indifférence n'arrange rien

Sujet un peu délicat, parfois embêtant, enclin de fanatisme que de parler de différence et d'influence. Je vais essayer de faire mon possible pour ne mettre personne mal à l'aise.
Sujet un peu délicat, parfois embêtant, enclin de fanatisme que de parler de différence et d'influence. Je vais essayer de faire mon possible pour ne mettre personne mal à l'aise.
Différence. Tout le monde sait ce que veut dire la différence, un chien n'est pas un chat, ils sont différents. Le mot différence peut être aussi le synonyme d'inégalité. Ce mot peut aussi servir quand on raconte une blague comme dans: «Sais-tu la différence entre...». Dans notre cas particulier, quoique synonyme, je vais employer le mot «différence» en tant qu'inégalité.
Oui, c'est vrai nous sommes différents parce que nous dépendons de l'État. Notre différence dérange. Dérangeante aussi parce que monsieur et madame Tout-le-monde pensent que tous les assistés sociaux sont des personnes qui ne veulent pas travailler ou des personnes qui, en plus de recevoir un chèque, travaillent «au noir».
Les gens ont beaucoup de préjugés par rapport à notre situation. Personnellement, j'aimerais mieux travailler si j'avais la santé pour le faire. Probablement que c'est votre cas aussi. Moi, je suis bien tanné des préjugés qui m'entourent; les gens ne le savent pas, mais ils se permettent de juger par contre.
Monsieur et madame Tout-le-monde voient une personne assistée sociale en fauteuil roulant, certains penseront ou diront: «Ah! Lui c'est correct qu'il reçoive de l'aide sociale». Ils ne le jugent pas. Ils le prennent plutôt en pitié.
Pourtant, la personne avec un handicap ne recherche pas la pitié, mais seulement de la compréhension. Elle désire seulement être acceptée. Si la personne assistée sociale a, par contre, une maladie comme par exemple une maladie de coeur ou fait de la sclérose en plaques - en fait un bobo qui ne se voit pas extérieurement - ils auront plutôt tendance ou le réflexe de la juger.
L'indifférence n'arrange rien...
Prenez le cas d'une personne assistée sociale plus ou moins bien habillée, je ne suis pas certain qu'elle ait droit au même sourire à l'épicerie de la part d'autres clients. Combien de fois avons-nous entendu parler d'histoires de mendiants ou de sans-abri décédés sur le trottoir à Montréal. 
En résumé, je pense que ce qui est important dans tout cela est que, tant et aussi longtemps que les personnes qui nous aiment acceptent notre différence et qu'elles ne sont pas indifférentes à notre cause, c'est parfait.
Roger Landry
Saint-Stanislas