Bernard Drainville

La charte ne va pas assez loin

En réponse à la lettre de François Champoux parue dans Le Nouvelliste, hier: Mandela et la charte antireligion du Québec.
Le titre et les propos de cette lettre laissent croire que la charte - non rédigée à ce jour - s'attaquera au droit de croire ou de ne pas croire. Cela est faux. Cette charte viendra tout simplement établir les balises permettant l'expression de la religion pour les fonctionnaires du Québec.
Les employés de l'État auront l'obligation, sur les heures de leur travail, d'émettre des comportements et de faire des tâches compatibles avec ce travail en faisant abstraction de leurs valeurs pour ne pas importuner les clients et pour confirmer la neutralité religieuse de l'employeur. Il s'agit d'un véritable respect, à la fois, pour l'employé et pour le client.
Je n'ai pas à savoir, lorsque je reçois un service, si la personne est: 1) aucunement croyante, 2) moyennement croyante ou 3) croyante à la folie. Je ne veux tout simplement pas le savoir tout comme elle n'a pas à savoir quelles sont mes croyances. L'employé doit poser un acte civil, neutre et en lien avec ses compétences.
Je suis très en accord avec la charte de Bernard Drainville. Malheureusement, la charte ne va pas assez loin. Elle devrait, en plus, brimer, dénoncer, voire punir des comportements à saveur religieuse totalement inacceptables. Personnellement, depuis des années, je me bats contre l'intégrisme religieux. Ce concept est malheureusement polysémantique et il est très difficile à définir. Je peux cependant vous énoncer quelques comportements qui, selon moi, sont de l'intégrisme.
Même ici, il n'y a pas de belle unanimité puisque le Canada - ce si plus meilleur pays du monde -, est venu très près d'accepter, en septembre 2005, la charia. Les votes des juges étaient très partagés.
Je vous nomme quelques comportements inacceptables qui sont traités tristement, partout dans le monde, par la charia et ce, d'une manière incompatible avec les valeurs québécoises: 1) la misogynie; 2) la mutilation génitale; 3) la flagellation judiciaire; 4) l'amputation judiciaire; 5) la lapidation judiciaire; 6) la décapitation judiciaire; 7) les attaques suicides; 8) la pédophilie; 9) le voile pour les femmes; 10) les meurtres d'honneur; 11) le viol; 12) le pillage; 13) le mensonge [taqiyya, kitman, tawriya et muruna]; 14) l'esclavage; 15) le génocide; 16) la violence contre les femmes; 17) la discrimination à l'égard des non-musulmans; 18) les mariages consanguins; 19) le jihad et 20) la cruauté de l'abattage halal.
Je pourrais vous nommer d'autres comportements, provenant d'autres belles religions d'amour, qui sont incompatibles avec les principes pour lesquels mes parents et grands-parents se sont battus. Certes, ils n'avaient pas la notoriété d'un Mandela, mais ils avaient un gros bon sens. Oui, ils étaient pollués, dès leur enfance, par des prescriptions religieuses, mais ils ont su lentement et sûrement s'en émanciper.
Pourriez-vous me dire ce que les personnes qui dénoncent la future charte de Bernard Drainville font pour dénoncer la centaine de milliers de personnes chrétiennes qui viennent, tout récemment, de mourir torturées et égorgées à cause de valeurs religieuses? Il y a fort à parier que les Coptes, peu importe leur âge, aimeraient qu'une charte comme celle du Québec ait préséance dans leurs pays.
Le Québec est généreux et il le sera toujours. Je suis convaincu que tous les «écriveurs de lois religieuses», pour les divinités invisibles, feront des suggestions aux employés de l'État qui sont adeptes de leurs religions afin qu'ils s'adaptent aux obligations créées par la future charte. Désormais et pour toujours, il appartiendra aux religions d'accommoder leurs fidèles.
Je crois qu'un employé de l'État qui ne peut pas faire abstraction de sa religion pendant sept heures dans une journée a sûrement des problèmes et, s'il est un bon croyant, il pourra s'acquitter de la seule obligation du Coran qui est en contexte.
En effet, le Prophète ordonne aux croyants de faire al-hijra et de quitter les terres de mécréance, impropres à la charia, pour se rendre dans des terres plus propices. Pour une fois - pour une foi -, je suis très en accord avec les croyances et les obligations reliées au Coran. Le texte est clair: si le croyant ne quitte pas la terre ingrate, c'est l'enfer qui l'attend. Allez lire ce texte. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Allah!
Ghyslain Parent, Ph. D.
Professeur UQTR