Il sera certainement intéressant de voir les rapports d'observation des inspecteurs du MAPAQ et les observateurs des opposants mandatés par le comité consultatif chargé par le tribunal d'étudier la question. Visiblement, ils ont travaillé fort pendant le Festival. Et ils ont eu toute la latitude pour le faire.

La carte de la transparence

Le rideau vient de tomber sur la 50e édition du Festival western de Saint-Tite. L'événement a connu un succès à la hauteur de cet anniversaire prestigieux et il ne faut pas trop s'en étonner.
L'organisation est solide, la formule est bien rodée, la programmation était étoffée, les nouveautés étaient au rendez-vous. Le beau temps aussi. Mais s'il y a un point qui aura retenu l'attention cette année, c'est l'impressionnant exercice de transparence qui a été déployé par les responsables de l'événement et particulièrement par les responsables des différents rodéos.
L'équipe du Festival western a plus que jamais joué la carte de l'ouverture. Non seulement pour que les inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) ainsi que les observateurs des opposants aux rodéos puissent procéder efficacement à leur travail, mais aussi pour que le public et les journalistes puissent constater le soin avec lequel on encadre la présentation des rodéos et plus spécifiquement dans l'aspect du traitement réservé aux animaux.
Chaque jour, les festivaliers avaient la possibilité de prendre part aux activités de découverte de la «face cachée du rodéo», qui vise à démystifier les différentes facettes du monde du rodéo et à voir autrement les animaux vedettes de ce sport. La visite comprenait notamment un tour des écuries, l'observation des animaux de rodéo, des informations sur les chutes, sur les disciplines, sur le matériel utilisé.
L'initiative est louable, même si de par sa nature elle aura surtout attiré des inconditionnels des activités de rodéo. Mais au moins, cela témoigne de la volonté des organisateurs d'enlever toute forme d'opacité et de démontrer leur bonne foi.
Le débat sur le traitement des animaux, notamment dans des activités comme les rodéos, est toujours aussi vif. Et polarisé. Les opposants profitent de chaque occasion - y compris lors du rodéo urbain présenté dans le cadre de l'événement NomadFest à Montréal - pour se faire entendre. Le message des opposants est plus souvent et plus fortement répercuté que celui des promoteurs d'activités impliquant des animaux, qui redoublent souvent d'efforts pour montrer patte blanche. 
Il sera certainement intéressant de voir les rapports d'observation des inspecteurs du MAPAQ et les observateurs des opposants mandatés par le comité consultatif chargé par le tribunal d'étudier la question. Visiblement, ils ont travaillé fort pendant le Festival. Et ils ont eu toute la latitude pour le faire. 
On peut être pour ou contre la présentation d'événements impliquant des animaux. Mais la vraie question à laquelle doivent répondre les inspecteurs, c'est celle qui consiste à savoir si les rodéos violent les dispositions de la loi sur le bien-être animal. Si c'était vraiment le cas, les organisateurs n'auraient vraisemblablement pas joué la carte de l'ouverture et de la transparence avec la même vigueur.
Bien sûr, tout ce monde a été témoin de la chute de Big Sky, ce cheval qui est demeuré étendu au sol pendant quelques minutes. Au départ, on aurait pu croire qu'un tel incident allait donner des munitions aux opposants, mais visiblement, l'intervention rapide des soigneurs et vétérinaires aura permis de constater le sérieux du protocole de soins déployé en pareilles circonstances.
La perception des inconditionnels opposants ne changera peut-être pas, mais l'organisation du Festival a certainement frappé un grand coup pour démontrer le sérieux de ses prétentions et matière de protection des animaux.