Philippe Couillard

Je me souviens

Lettre au premier ministre Philippe Couillard.
Monsieur le premier ministre, je crois que vous avez perdu une belle occasion d'enlever de la grogne chez les personnes de religion autre que la religion islamique.
Peut-être n'avez-vous pas de souvenirs précis de la Révolution tranquille. Vous n'étiez encore qu'un enfant au début des années 60. Alors, M. Couillard, je vais porter à votre connaissance certains faits qui pourraient vous renseigner.
À cette époque, les personnes en autorité gouvernementale ont demandé aux personnes qui portaient des vêtements les identifiant à une religion, quelle qu'en soit la religion, de les enlever et de porter des vêtements civils afin qu'elles ne se distinguent plus de tout un chacun. Égalité pour tous.
Les prêtres, les frères de l'Instruction chrétienne, les religieuses de diverses communautés ont fait disparaître de leur habillement tout vêtement se rapportant à leur religion, la leur. 
Je parle de la religion catholique plus spécifiquement, car je suis catholique et c'est dans cette religion que je fus le plus interpellée. Les protestants et autres religions ont dû eux aussi se soumettre à cette demande au nom de la multiculturalité.
Dans ma famille, il y avait des religieuses, qui après avoir porté, durant plusieurs années, des vêtements les identifiant à leur communauté, ont beaucoup pleuré lorsqu'elles ont dû s'en départir. Personne n'a tenu compte de leur chagrin.
Croyez-vous que ces communautés religieuses ont eu le choix de se soustraire à ce diktat? Non, cela leur a été imposé.
Aujourd'hui, après que toutes les communautés religieuses, autres que la religion islamique, ont abandonné tous les vêtements et signes les identifiant à une religion, vous nous demandez d'accepter qu'une seule religion, la religion islamique, puisse porter des vêtements qui les identifient à leur religion.
C'est pour le moins une situation aberrante, vous en conviendrez, 
M. le premier ministre, et il n'est pas trop tard pour revoir votre position sur le sujet et enlever ainsi la grogne dans mon coeur et dans le coeur de beaucoup de vos commettants.
Comme j'ai la devise du Québec tatouée sur le coeur: Je me souviens.
Carmen B. Boucher
Shawinigan