La statue de Maurice Duplessis, dans la ville qui l'a vu naître et qu'il a représentée comme député pendant 32 ans, de 1927 à 1959, se trouve refoulée au fond d'un petit parc de la rue Bonaventure.

Jamais nous ne lâcherons Duplessis

En réaction à la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «Un Chrétien parmi les siens», publiée dans notre édition du 8 juillet dernier.
Je savourais, récemment, la fin de la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «Un Chrétien parmi les siens», alors que celui-ci évoquait pour ainsi dire un autre chrétien, Maurice Duplessis, à qui, en ce moment, nous n'offrons, disait-il, «rien de mieux qu'une statue refoulée au fond d'un petit parc de la rue Bonaventure pour rappeler aux visiteurs et aux nouvelles générations, le souvenir».
Il est vrai que l'ancien premier ministre (de 1936 à 1939 puis de 1944 à 1959) se trouve placé en ce moment en une grande noirceur, mais gageons qu'en 2019, la Corporation de développement culturel de notre ville ainsi que les instances qui veillent à nous attirer ici des touristes et des visiteurs, se casseront la tête pour marquer de nette façon le 60e anniversaire de son décès survenu, on le sait, en septembre 1959.
En tout cas, lors du 50e anniversaire, n'avions-nous pas été gâtés avec l'Événement Duplessis, ombre et lumière?
Les organisateurs, Michel Jutras en tête, alors à la direction de la Corporation de développement culturel, avaient pris soin, avec un titre pareil, d'évoquer non seulement les bons côtés de cet homme disparu à 69 ans mais aussi les moins reluisants.
On peut gager que si on marque le 60e anniversaire, il en sera de même et c'est vrai que les nouvelles générations, comme l'évoque monsieur Beaudoin, pourraient apprendre qu'autrefois, nous eûmes comme premier ministre - et là j'ironise un peu - un homme qui, par exemple, se vantait de ne pas aimer les livres... Celle-là, je l'aurai apprise il y a peu de la plume d'André Langevin. En tout cas, c'est ce qu'affirmait cet écrivain.
Quoi qu'il en soit, il sera assurément pertinent d'entendre parler de cette époque qualifiée de Grande Noirceur et de la comparer à notre ère. La politique et la gestion des affaires publiques demeurent plus que jamais des préoccupations qui doivent être prioritaires chez les citoyennes et citoyens si nous voulons nous doter de sociétés meilleures et nous préserver un tant soit peu des abus de tout genre.
Enfin, pour l'anecdote, le chroniqueur n'est pas sans savoir que si la statue de l'ancien premier ministre sommeille au fond d'un petit parc de la rue Bonaventure, on trouve directement de l'autre côté, au café bar Le Zénob, une terrasse qui est clôturée par rien d'autre que les rampes originales du pont Duplessis qui, on le sait, se brisa par une nuit froide de janvier 1951 pour être heureusement reconstruit rapidement.
Réjean Martin
Trois-Rivières