L'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses fait partie des lieux de culte appelés à changer de vocation.

J'ai peur de ce qui s'en vient

La question n'est pas de savoir où va notre paroisse, mais où s'en vont nos églises et nos communautés chrétiennes? La situation que vit la paroisse de l'Immaculée-Conception-de-la-Très-Sainte-Vierge est la même, je crois, que toutes les paroisses catholiques dans tout le Québec.
Je suis bénévole dans la paroisse Saints-Martyrs-Canadiens depuis environ quatre ans et je ne peux que constater que la pratique de la messe dominicale s'en va directement vers la fin.
L'Église ne sait pas comment attirer les paroissiens et surtout les jeunes familles; ceux qui vont à la messe tous les dimanches sont des habitués à qui on a dit et répété dans leur enfance qu'il fallait aller à la messe tous les dimanches sinon tu commettais un péché (je ne me souviens plus si c'est mortel ou véniel). Qu'est-ce qui motive ces paroissiens à poursuivre cette pratique? Est-ce la foi, les vieilles habitudes ou l'appartenance à la communauté?
Si je n'ai pas de bénévolat à faire le dimanche, pour la messe, je n'y vais pas et tant pis pour le péché. Parce que premièrement c'est trop tôt (l'heure de la messe du dimanche a été déplacée à 9 h 30 dernièrement) et deuxièmement (surtout deuxièmement) je ne m'y sens pas interpellée.
Les rites et les discours (homélie) sont dépassés; les prêtres ne font que ce qui leur a été enseigné et je ne crois pas qu'il y ait des journées pédagogiques pour leur permettre de se mettre à niveau, c'est-à-dire au goût du jour. Et pourtant, je suis croyante, j'ai besoin de croire en Dieu et en Jésus parce que sans cette croyance je ne sais pas ce que je deviendrais.
La messe me permet de prendre le temps de ne rien faire d'autre que de réfléchir sur la vie en général, sur ma vie, sur ma raison d'être, sur la foi et de parler à Dieu. Quand on travaille toute la semaine on n'a pas vraiment le temps de s'arrêter et de réfléchir car à la maison ou ailleurs il y a trop de distractions pour permettre de vraiment aller en profondeur dans ces réflexions.
Malheureusement, il y a aussi des distractions à la messe; ici il faut se mettre debout, là on peut s'asseoir, un peu plus loin l'officiant donne son homélie (qui 99,9% du temps n'a aucun lien avec la vie d'aujourd'hui; il n'y a pas de lien entre les lectures et l'Évangile qui viennent juste d'être faits et la vie que l'on mène en 2014), là on se met à genoux, etc.
J'ai peur de ce qui s'en vient, de ce que je pressens sur l'avenir des paroisses; j'ai peur qu'il n'y ait plus d'endroit de culte, qu'il n'y ait plus un bâtiment, que nous appelons église dans le moment, pour nous permettre de nous rassembler et de partager le pain et le vin, mais aussi la fraternité, l'amour, la tolérance, etc., ensemble en communauté. Les hauts gradés de l'Église (évêques, archevêques, princes de l'Église et pape) ne semblent pas au courant de ce qui se passe dans les paroisses. C'est dommage.
Aline Landry
Trois-Rivières