Pierre-André Julien

Immigration, racisme et valeurs collectives

L'auteur, Pierre-André Julien, est économiste et professeur émérite à l'Institut de recherche sur les PME de l'Université du Québec à Trois-Rivières. 
Quand une nouvelle vague d'immigrants survient, on voit surgir inévitablement les groupes racistes. En particulier quand la destination de ces immigrants et les stratégies pour mieux les intégrer dans la population ne sont pas planifiées alors que la population d'accueil essaie de défendre ses valeurs, comme l'égalité entre les genres et l'importance de la langue française, face à la volonté de nos gouvernements de nous faire accepter le multiculturalisme canadien.  
L'arrivée de ces racistes s'explique par au moins trois choses: 1) la difficulté de certains citoyens à vivre leur spécificité; 2) le temps requis pour que les nouveaux arrivants s'adaptent; et 3) les manipulations pour empêcher ces derniers de s'intégrer graduellement à la population d'accueil. Dans le premier cas, la plupart de ces racistes ont des difficultés à s'accepter eux-mêmes et à bien assumer leurs propres valeurs. 
C'est pourquoi ils ont peur de l'autre qui accentue par ses différences cette fragilité. Pour compenser, ils ont besoin de se dire qu'ils sont non seulement différents, mais supérieurs. Ce qui explique que ces gens qui ont beaucoup voyagé et se prétendent citoyens du monde, levant le nez sur leur propre communauté, ne comprennent pas que ces derniers ont besoin du temps et de l'aide de cette communauté et ses valeurs pour se retrouver. Dans le deuxième cas, ce temps est aussi nécessaire aux nouveaux arrivants pour s'imprégner de ces valeurs. Ce qui explique que, généralement, c'est la deuxième, et encore plus la troisième génération qui finit par devenir membre à part entière de cette collectivité. Ceci, à la condition que le nombre de nouveaux arrivants ne soit pas trop important (les sociologues estiment que les tensions surviennent quand ce nombre dépasse 15 % d'une population) et qu'il ne permette pas la formation de groupes à part, dans des ghettos, pour n'avoir pas besoin de s'intégrer.  
Mais un troisième obstacle provient des manipulations d'agents payés par l'extérieur pour empêcher cette intégration, en particulier par l'Arabie saoudite wahhabite, une des branches les plus rétrogrades de l'Islam qui, par exemple, favorise sciemment l'infériorité des femmes et utilise ses milliards issus de leur pétrole pour conserver le pouvoir en payant des imans même dans nos pays pour qu'ils enrégimentent les jeunes. Ces milliards étaient d'ailleurs derrière la formation des pirates de l'air de l'attentat du 11 septembre 2001 sur les tours de Manhattan, et seraient aussi derrière les fanatiques de l'État islamique. Ce qui démontre l'hypocrisie de nos deux gouvernements qui continuent à faire affaire avec ce pays, par exemple, en lui vendant des armes en dépit de leur usage contre leurs propres concitoyens.  
Bref, plus les valeurs à partager seront claires pour tous, plus la population d'accueil se sentira protégée par ces dernières, plus les nouveaux arrivants sauront à quoi ils s'engagent en venant chez nous pour une intégration harmonieuse et patiente, moins les agents extérieurs auront la possibilité de manipuler des prêcheurs pour empêcher l'intégration, et moins les petits groupes de racistes auront pignon sur rue.