Pas moins de 86 % des personnes immigrantes qui choisissent le Québec sont soit francophones, soit en processus de francisation ou soit des enfants scolarisés en français. L'intégration réussie de ces nouveaux résidents passe par l'implication de tous.

Immigration: l'affaire de tous

L'auteure, Kathleen Weil, est ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
L'Institut du Québec publiait mardi un rapport indiquant que les personnes immigrantes à Montréal, malgré qu'elles soient très scolarisées, font face à des difficultés d'intégration importantes notamment quant à la reconnaissance de l'expérience de travail et de leurs diplômes obtenus à l'étranger. Ces constats, j'ai également pu les faire à l'occasion des nombreuses consultations tenues au cours des dernières années.
L'exercice m'a permis d'entendre plusieurs pistes de solution afin de s'attaquer aux obstacles à l'intégration des personnes immigrantes. Un plan ambitieux a été élaboré par notre gouvernement afin de revoir complètement nos façons de faire pour se doter d'une politique et d'un système d'immigration fermement ancrés dans le 21e siècle et capables de répondre aux défis
d'aujourd'hui. 
Au chapitre de la sélection des personnes immigrantes, nous nous sommes dotés des outils pour mettre en place un nouveau système d'immigration moderne et efficace, qui permettra une adéquation optimale avec les besoins du marché du travail, partout au Québec. Appuyé sur des portraits régionalisés qui seront réalisés en collaboration avec le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ce système permettra la sélection de travailleurs qui sont en grande demande dans nos régions, et ce, en temps réel.
L'apprentissage du français est également pour nous une composante essentielle de l'intégration des personnes immigrantes. C'est pourquoi nous avons élargi l'offre de services de francisation à temps plein, à temps partiel, en ligne, en milieu de travail et à visée professionnelle. Nous multiplions aussi les efforts pour joindre les personnes immigrantes qui ne connaissent pas le français à leur arrivée, notamment à l'aide d'une campagne qui comprend des actions directement auprès des communautés qui s'inscrivent moins aux cours. Ces efforts portent fruit, et rappelons que
86 % des personnes immigrantes qui choisissent le Québec sont soit francophones, soit en processus de francisation ou soit des enfants scolarisés en français.
En matière de reconnaissance des compétences, nous travaillons avec les organismes de réglementation et les employeurs pour améliorer la reconnaissance de l'expérience de travail et des diplômes acquis à l'étranger. Nous sommes déterminés à mettre fin à ce gaspillage de talents et annoncerons des mesures structurantes dans les prochains mois. Nous souhaitons aussi retenir chez nous plus de travailleurs temporaires et d'étudiants étrangers. Ce sont des candidats de choix pour le Québec, car ceux-ci connaissent déjà la société québécoise, ont un diplôme québécois, et parlent pour la plupart français. Nous avons d'ailleurs à cet effet lancé une initiative en collaboration avec Montréal International, qui est appelée à s'étendre à d'autres régions du Québec prochainement. 
Pour nous assurer que ces efforts soient coordonnés efficacement, notre gouvernement a mis sur pied le Comité ministériel sur l'intégration des personnes immigrantes. Ce comité va permettre d'agir concrètement pour lever les obstacles à l'intégration, en particulier sur le marché du travail. Ainsi, tous les ministres dont les équipes interviennent à certains moments du parcours d'intégration des personnes immigrantes sont présents autour de la table afin d'assurer que les interventions de nos ministères visent toutes le même objectif: favoriser l'inclusion et la pleine participation, en français, des personnes immigrantes à la société québécoise.
Mais le gouvernement n'est pas le seul à avoir un rôle à jouer pour une intégration réussie des personnes immigrantes, c'est toute la société qui doit mettre la main à la pâte. Les employeurs et les ordres professionnels ont notamment un rôle important et nous oeuvrons à travailler davantage avec eux pour la mise en place de pratiques gagnantes dans le soutien des personnes issues de l'immigration.
Chaque année, plusieurs milliers de personnes immigrantes hautement formées et qui parlent déjà le français ou qui veulent l'apprendre arrivent au Québec. Nous devons saisir le plein potentiel de ces talents et leur offrir la chance d'occuper un emploi qui correspond à leur domaine de formation et qui mettra à profit leurs compétences. Le Québec ne peut se priver de ces talents. C'est ce que nous devons faire si nous voulons demeurer une société prospère, ouverte sur le monde et prête à l'innovation et capable de se développer à la hauteur
de ses ambitions.