Françoise H. Viens a été conseillère municipale pendant cinq mandats à Trois-Rivières. Elle dit avoir été victime de plusieurs agressions verbales et de menaces de la part du maire Yves Lévesque, qu’elle a côtoyé pendant douze ans.

Il faut mettre un terme à ce règne de l’intransigeance

L’auteure, Françoise Viens, a occupé le poste de conseillère municipale durant cinq mandats consécutifs à Trois-Rivières.

Alors que j’agissais comme représentante des citoyens du district des Vieilles-Forges, je me suis toujours fait un devoir d’être à l’écoute de mes concitoyens électeurs et de l’ensemble des Trifluviens avec dévouement, respect, et intégrité, jusqu’à mon retrait de la vie politique en 2013.

Or, la récente sortie publique de l’ex-greffier de la Ville, Me Gilles Poulin, m’a profondément touchée en me ramenant à une période extrêmement pénible de mon séjour en politique municipale. À l’heure où l’on se doit de dénoncer les excès de violence qu’exercent certaines personnes de pouvoir, je revis en pensée plusieurs agressions verbales et menaces que le maire Yves Lévesque m’a fait subir. 

Parce qu’au lieu de me soumettre docilement à sa volonté dominatrice, je défendais plutôt avec vigueur et sincérité les dossiers que je considérais être dans le plus grand intérêt de la population. Et, je l’avoue, je n’aurais pu traverser cette période difficile sans avoir requis et bénéficié de l’aide appropriée.

Je me souviens entre autres d’une occasion où, dans le cadre de mes fonctions, je m’étais adressée au greffier de la Ville, responsable de l’application de la Loi d’accès à l’information, pour obtenir copie d’un contrat important. À la suite de cette requête, le directeur général de la Ville, me convoque à son bureau. Le maire se pointe alors en claquant la porte et m’invective, totalement en colère et me reprochant la demande que j’avais faite, pourtant juste et motivée. Il sort rouge de colère en refermant bruyamment la porte pour m’impressionner. Et le directeur général me suggère alors fortement de passer désormais par lui pour obtenir de l’information plutôt que par le greffier...

Une autre fois, me reprochant d’avoir, semble-t-il, parlé aux médias, le maire Lévesque m’avise en hurlant qu’il ne voulait plus travailler avec moi, me menaçant clairement de me faire tomber aux prochaines élections comme il l’avait fait avec Alain Gamelin et Jean-François Caron. J’ai pourtant été réélue.

J’en aurais tant à raconter... Comme lorsqu’à la suite d’une rencontre que j’avais organisée avec mes concitoyens et un fonctionnaire de la Ville, au sujet d’un problème concernant mon district, je suis conviée à une rencontre avec le maire. Et que je me retrouve avec son adjoint politique, Roger D. Landry, qui tenait à m’aviser que le maire n’aimait pas que des conseillers organisent ce genre de rencontres. Étonnée qu’un adjoint politique traite une élue de cette façon, je vois le maire surgir encore une fois pour s’en prendre verbalement à moi et me reprocher violemment ma façon d’accomplir mon travail. 

Tout ceci pour vous dire qu’à la suite du témoignage de Me Poulin, je ne pouvais plus me permettre de garder silence. Car même si mon état de santé est plutôt précaire depuis que j’ai été heurtée par un véhicule, je me devais quand même de rappeler à mes concitoyens trifluviens que l’exercice du pouvoir, à la longue, peut provoquer chez certaines personnes un comportement totalement inadéquat. 

Voilà où nous en sommes rendus, ici, à Trois-Rivières. Le maire Lévesque démontre de plus en plus sa profonde insensibilité aux besoins profonds de notre population. Et si vous ne suivez pas aveuglément ses pas, vous êtes contre lui! Est-il normal et acceptable qu’un maire essaie de terroriser toute personne qui ose le contredire? Considère-t-il la capacité de payer des Trifluviens? Non. Est-il compatissant envers les plus démunis d’entre ceux qui ont besoin d’aide, sinon d’écoute? Non. Respecte-t-il un conseiller municipal ou un citoyen qui, de manière parfaitement légitime, défend une option qui vient s’opposer à la volonté du maire? Non. 

Alors, j’estime que pour le bien général, il convient de mettre un terme à un régime aussi corrosif qui gangrène l’atmosphère et nuit énormément à la relation de confiance et de transparence qui devrait régner entre les citoyens et leur ville.