Charles de Gaulle, sur le balcon de l'hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967

Il faudra du courage pour être libre

Une journée mémorable que celle du 24 juillet. Cinquante ans déjà que Charles de Gaulle du balcon de l'hôtel de ville de Montréal lançait son «Vive le Québec! Vive le Québec libre!»
Que d'émotions pour un jeune souverainiste de 27 ans qui rêvait de voir son Québec se libérer du joug fédéraliste et réaliser le rêve de notre génération!
La question posée depuis quelques jours a été de savoir si le Québec était plus libre depuis. J'ai écouté de nombreux interlocuteurs ou panélistes et j'ai lu les commentaires d'une bonne douzaine de chroniqueurs. Ils sont tous d'accord sur un point. Nous sommes plus libres de dépenser plus d'argent car nous en gagnons plus. Mais comme le dit Denis Monière: «Si vous êtes pauvre et démuni, vous êtes moins libre que si vous êtes riche et prospère...»
Côté politique, même certains fédéralistes sont d'accord que le parlement québécois est moins «libre» qu'en 1967. Pierre Elliott Trudeau s'en est assuré en rapatriant la Constitution et en créant la Charte des droits et libertés qui limite nos pouvoirs, notamment en matière de langue. En effet, la Cour suprême du Canada peut défaire tout ce que fait le parlement du Québec. Ce n'est pas son fils Justin, une faible réplique de son père, qui va y changer quelque chose. 
Nous, les Québécois francophones, vivons aujourd'hui dans un système politique qui nous domine grâce à la constitution qui nous a été imposée de force. Malheureusement, il est triste de constater que ça ne dérange pas grand-monde. Il y a un certain temps, les anglophones avaient peur. Ils sont même venus nous dire qu'ils nous aimaient en nous demandant ce que nous voulions. Maintenant, ils ne s'en soucient même plus car, comme le dit si bien Joseph Facal, un des seuls souverainistes qui ose encore se prononcer: «Deux fois nous avons grimpé jusqu'en haut de la tour de plongeon et deux fois, après avoir regardé l'eau, nous sommes redescendus par l'escalier.» Quelle belle figure pour exprimer la peur. Deux fois, nous avons refusé la liberté. Ils savent maintenant que nous sommes inoffensifs.
Le poids du Québec au sein du Canada n'a cessé de s'amenuiser depuis 25 ans sur le plan diplomatique et politique. Les gouvernements actuels, qu'ils soient provincial ou fédéral, s'en assurent chaque jour. Un exemple assez frappant: dans une des sociétés les plus ouvertes et diversifiée comme le Québec, le premier ministre Couillard s'apprête à lancer une consultation sur la «discrimination systémique et le racisme». C'est bien la dernière chose dont nous avions besoin mais... les élections approchent. Ce sera la revanche sur la Charte des valeurs et commanditée par le gouvernement québécois, à même nos impôts, qui se retourne ici contre son propre peuple. Pour citer Josée Legault: «Au lieu de pacifier l'atmosphère, le premier ministre prend le chemin contraire pour des raisons strictement partisanes.» On connaît déjà les solutions à nos problèmes, mais il manque la volonté politique pour les appliquer. On nous rabâchera encore une fois que les partis d'opposition soufflent sur «les braises de l'intolérance».  
Monsieur Couillard, vous savez comme nous que le racisme ici n'est pas systémique mais très marginal. Il faut arrêter de toujours nous faire sentir coupables de quelque chose.
Cette enquête sera tout sauf neutre car la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ), qui mènera l'opération, compte en ses rangs comme le cite Mathieu B. Côté «des personnalités connues pour leur conception particulièrement extrémiste du multiculturalisme. Elles voient du racisme partout et ceux qui ne le voient pas avec eux sont accusés de racisme à leur tour.» Nous avons déjà eu la commission Bouchard-Taylor, dont le rapport dort sur une tablette; en a-t-on besoin d'une autre?
Définitivement, nous n'avons pas compris le message du général de Gaulle, homme de vision et de courage, champion de la liberté des peuples, qui condamnait toute forme de colonialisme. Nous serons libres, seulement le jour où nous le déciderons! Mais pour cela, ça prend du courage.
Gaston Bouffard
Shawinigan