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François Legault 
François Legault 

Il était temps que 2020 finisse!

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / Comme dirait Roger Brulotte, «Bonsoir elle est partie!» Mais ici on ne parle pas de la balle d’un coup de circuit. Loin de là. On parle plutôt de l’année misérable que nous avons vécue et qui s’est terminée par trois retraits au bâton. Pas grand-chose de positif, car ça n’a pas très bien été comme on a essayé de nous faire croire.

J’ai lu le Code Québec de Jean-Marc Léger qui définit ainsi les Québécois: «Ils sont, pour la plupart, de culture française, mais vivent dans une société anglaise avec un mode vie américain. Cela donne un peuple rempli de paradoxes», dit-il. Je crois que sa définition est juste tout autant que l’énoncée de Marie-France Bazzo qui affirme que: «En un quart de siècle les Québécois sont passés de militants à carnavaleux». Je ne crois pas que ce soit un compliment. Après la dernière élection, j’espérais que notre nationaliste connaîtrait un sursaut d’énergie. Mais le gouvernement de la CAQ a vite oublié qu’être nationaliste au Québec n’est pas une option, c’est une nécessité. Les projets ont été mis de côté en centralisant tout sur la pandémie et les dérives qu’elle nous a apportées. On a ressenti un grand sentiment de lâcheté lors des cas de censure à répétition. Pourtant ce phénomène est documenté et critiqué depuis des années déjà. Heureusement, comme le dit Mathieu Bock-Côté: «Mais le grand public a finalement pris conscience de cette dérive. On peut espérer que les dirigeants, qui, trop souvent, se couchent devant les sectaires et les braillards, s’offriront enfin le luxe d’une colonne vertébrale.» C’est à espérer pour 2021. Il ajoute qu’on devrait faire de cette année «celle du début d’une reconquête de la liberté d’expression, en espérant que le courage des uns en donnera aux autres».

L’échec de la Loi 101 s’est accentué grâce aux cégeps, aux universités et au gouvernement fédéral qui n’a encore rien fait pour la faire respecter. La nouvelle loi 101 qui nous est promise sera-t-elle à la hauteur de la situation? Sur la laïcité, une Québécoise d’origine tunisienne, Nadia El-Mabrouk, vient nous dire qu’en milieu scolaire la laïcité est le meilleur garant de la paix sociale et de l’égalité entre les hommes et les femmes. Les extrémistes retournent contre nous la rhétorique de la «diversité» et de l’«ouverture», dit-elle. Cette loi qui est présentement contestée devant les tribunaux sera un bon test pour le gouvernement Legault. Comment réagira-t-il? Avec énergie je l’espère, car cette loi est l’affirmation de nos valeurs. Il doit affirmer haut et fort que les lois, qui sont votées au parlement par un gouvernement démocratiquement élu, ont prépondérance sur l’interprétation qu’en font les juges qui compromettent d’emblée la légitimité d’un régime depuis le rapatriement de la Constitution.

Les spectacles de fin d’année à la télévision ont été excellents, comme le Bye Bye d’ailleurs, nous démontrant clairement que nous sommes devenus plus qu’inclusifs et que loin de nous imposer comme peuple fondateur, nous pratiquons de plus en plus l’aplaventrisme.

J’espère qu’en cette nouvelle année nous cesserons de culpabiliser sur tout et de nous sentir responsables de tout, comme le voudrait notre conquérant. Plus d’autoflagellation S.V.P.! Le mouvement américain «Black Lives Matter», né du meurtre sordide d’un noir, a provoqué ici un mouvement qui a dépassé les bornes et j’admire monsieur Legault qui a refusé d’admettre que ce problème était systémique ici, tout autant que celui des autochtones, amplifié par la mort dans des conditions affreuses d’une maman dans un hôpital. Je suis sympathique à la cause de ce peuple, qui revendique, comme nous d’ailleurs, ses droits ancestraux.

Du côté éducation, j’ose espérer que le cours d’éthique et culture religieuse (ECR), instrumentalisé pour mousser le multiculturalisme et qui fut un échec, soit remplacé par du concret. Comme le dit Antoine Robitaille, blogueur au Journal de Montréal: «Le gouvernement semble préparer un autre fourre-tout où l’on enseignera l’écocitoyenneté et des notions d’éducation sexuelle, en passant la citoyenneté numérique.» J’ose espérer aussi que les vrais cours reprendront le plus tôt possible dans les écoles, car le système présent n’est favorable qu’à plus de décrochage au secondaire.

Le meilleur de 2020 fut que nous avons assisté à l’émergence de nouveaux créateurs qui ont profité de la pandémie pour se partir en affaires en espérant que leur succès perdure et serve d’exemple pour d’autres. Nous avons aussi constaté que plus de gens que nous pensions se souciaient des autres et avons assisté à de beaux élans de générosité. L’espoir renait enfin avec l’avènement du vaccin qui, espérons-le, mettra fin à la pandémie et que nous pourrons bientôt serrer dans nos bras enfants et petits-enfants et partager un bon repas avec parents et amis. Le désarroi que nous avons vécu fait maintenant place à l’espoir. Notre santé mentale en a pris un bon coup mais nous en ressortirons plus fort.

Une merveilleuse année à tous!

Gaston Bouffard
Shawinigan