Hydro-Québec: une tarification difficile à suivre...

Le 1er mars dernier, Radio Canada nous informait (et d'autres aussi) qu'Hydro Québec pourrait hausser ses tarifs résidentiels de 0,7 % dès le 1er avril 2017.
Cette augmentation, accordée par la Régie de l'énergie, était la réponse à une demande pour une hausse de 1,6 %. Après l'histoire des montants perçus en trop pour redonner à l'État ce qui revient à l'État, toute histoire de tarification concernant l'énergétique société incite à un suivi attentif.
Sitôt la facture reçue, sitôt le suivi fait. Premier constat, un avis nous informe de la bonne nouvelle: «Plus de kilowattheures au prix le plus bas». Chouette! Et un peu plus bas, en pas trop gros caractères: «[...] En effet, la Régie de l'énergie a autorisé un ajustement de 0,7 %, qui prend effet le 1er avril 2017, pour tous les clients résidentiels et la majorité des clients d'affaires». Hum, ça a l'air moins chouette, ça.
Commençons par la fin: il semble, en dernière analyse, que la société n'était pas au courant pour le 0,7 %. Êtes-vous sous le choc? En fait, la hausse appliquée sur la facturation est de 1,93 % pour le tarif bas: 0,0582 $/kWh depuis le 1er avril contre 0,0571 $/kWh avant le 1er avril.
Pour la tarification des kWh additionnels, la hausse est de 2,76 %: 0,0892 $/kWh depuis le 1er avril contre 0,0868 $/kWh avant le 1er avril. Au final, non seulement Hydro aura quand même eu le 1,6 % qu'elle souhaitait, mais davantage. Watt the hell! Elle ampère pas une!
OK, voyons les choses autrement... Peut-être que le 0,7 % concerne la totalité de la facture (incluant les redevances). Je m'y suis collé en comparant l'écart entre le statu quo (aucune augmentation, ni modification à la règle du nombre de kWh/jour admissibles au bas tarif) et les nouvelles modalités de tarification. La facture est tout de même plus élevée de 1,29 % sans tenir compte des redevances, et de 1,22 % si on inclut les redevances dans le calcul.
Pour les calculs, j'ai pris mon état de compte en date du 24 avril 2017, en comparant les deux scénarios sur la base d'une tarification uniforme pour chacun d'eux et pour une consommation de 5657 kWh (celle de ma dernière période de 60 jours).
On pourrait penser que c'est des pinottes... La différence de coût entre les deux scénarios n'est que de 5,66 $ (soit 2,83 $ par mois et pour des mois de froidure en plus). Mais selon l'Institut de la statistique du Québec, il y a plus de 3 600 000 ménages dans notre belle province. 
Supposons un trop perçu ne serait-ce que de 1 $ par mois par ménage (1,21 $ dans mon cas); au bout d'un an, on parle de plus de 43 millions de dollars au total. Les pinottes prennent de la valeur, même en argent canadien.
Bon, la Régie de l'énergie aura autorisé un ajustement de 0,7 %. Faut croire qu'elle n'a pas interdit 1,93 %, 2,76 %, 1,29 % ou 1,22 %! Dernier point: j'ai appelé chez Hydro-Québec. 
L'agent à qui j'ai parlé m'a confirmé que lui aussi arrivait à une différence de 1,9 % dans le cas du tarif bas et que je n'étais pas la seule personne à me poser des questions. Je n'en ai pas su davantage. On m'a indiqué que je devrais recevoir un appel prochainement de la part d'une personne en mesure de répondre à mes questions. À suivre...
En tout cas, ça me «ré-volt» et ma tension augmente.
René Gélinas
Trois-Rivières