Honorer fièrement la Belgo

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Belgo s’effondre et ce titre coiffe la fin de cette longue histoire: «Le mur de la honte démoli».

Cette expression souligne la décrépitude désolante de la Belgo, échelonnée sur dix ans, après l’annonce inattendue de la fermeture d’un des piliers de l’industrie forestière en Mauricie en 2007.

En entendant «mur de la honte», c’est comme si la Belgo devenait soudainement une pierre tombale qui ne méritait que le mépris.

Cet épisode final mérite d’être remis dans son contexte: l’histoire de la papetière ne se réduit pas à une décennie de délabrement.

Au moment où j’écris ces lignes, la machinerie s’attaque à une démolition minutieuse, brique par brique.

Démolir n’est pas effacer. Selon moi, il est important de garder la mémoire vivante. La Belgo, représente un siècle de labeur, «shift» après «shift», sans relâche.

La Belgo fait partie de l’histoire de centaines et de centaines de familles shawiniganaises. Elle fait partie de la mienne, puisque mon conjoint a joint l’équipe au début des années 2000.

Nous avons rencontré des gens formidables, dévoués, travaillants et surtout, fiers! Derrière ce «mur de la honte», des travailleurs ont contribué à l’essor économique de notre région et à sa renommée.

J’espère sincèrement que nous trouverons un espace pour honorer votre contribution.

Merci à vous, du fond du cœur.

Chantal Carignan
Shawinigan