Harvey Weinstein

Harvey… des hommes et des ouragans

De tout temps, ils ont sévi. Du moins, c’est ainsi que je perçois les choses. Ce sont des phénomènes inquiétants. Ils tissent leur toile sur tous les continents. Peu sont à l’abri.

Au début, ce qui se passe provient d’un mouvement ressenti à l’épicentre. En catimini, tout s’installe, bien à l’abri des oreilles et des yeux inquisiteurs, le temps de repérer la «zone» à envahir.

Pas de préférence pour les régions: il choisit les reculées, les bien en vue, les proDonald, les pauvres, les mieux nanties, les belles, les ordinaires. Toutes sont convoitées.

Tout part d’un souffle qui devient bise pour se transformer en vents de plus en plus puissants de catégorie 4. Il ravage tout sur son passage. Il se satisfait de sa supériorité, de sa grandeur, de son pouvoir de vie ou de mort sur ceux qu’il juge comme étant de simples humains.

Imbu de ses fronts chauds, il fraie à travers les bandes externes sous forme d’onde tropicale dévastatrice, de cyclone, de chantage, de précipitations manipulatrices. La dépression s’installe et erre à l’intérieur des terres. Les dégâts ne cessent de s’accroître au fil des jours.

Ça fait la une des journaux, le temps d’une averse qui va s’apaiser. Puis, on passe à un autre appel. Pourtant, le paysage est dénaturé à jamais. Hommes et femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Les victimes peinent à reprendre leur vie en main. 

Elles sont dépouillées de leurs repères les plus intimes, et ce, physiquement et moralement. Certaines en arrivent même à se sentir responsables d’avoir eu un rôle à jouer dans ce cataclysme. Alors survient la honte!

On fait le bilan des sinistrés, on verra si on peut débloquer un peu d’argent pour la reconstruction. Jamais très loin, il y a la fossoyeuse qui en a emmené quelques-uns sur son passage. Les autres devront se relever, affronter, bégayer, hurler et espérer que la communauté les entende et les croie.

Ce monde a besoin d’amour, le pur, le désintéressé, celui qui donne autant qu’il prend.

Les ouragans ont des noms. On les connaît tous. Les victimes, moins. Vraiment moins… elles sont trop nombreuses.

Lucie Giroux

Trois-Rivières