André Hamel

Grand-Mère, le Filozen et mon ami André

Il ne se passe pas grand-chose sur l'avenue de Grand-Mère, depuis un bon bout de temps déjà. Mais, le 12 septembre, j'ai eu le bonheur de découvrir un endroit que je savais ouvert depuis moins d'un an et qui m'avait été recommandé par des amis.
Un endroit où l'on peut tout simplement jaser entre amis et où des dames viennent y tricoter m'a-t-on dit. Des jeux de société s'y trouvent pour les jeunes et on peut y consulter l'Internet gratuit ou travailler sur des casse-têtes géants déjà commencés ou y tenir une réunion dans une petite salle adjacente.
Il y a même un petit théâtre où certains artistes s'y produisent. Les murs sont garnis par des peintres qui y exposent leurs oeuvres. Vraiment un endroit unique où les cultures se côtoient. Ça s'appelle le Café Filozen. Charmant comme nom, n'est-ce pas? Il y a même une section pour se procurer de l'information touristique.
J'étais là pour répondre à l'invitation de mon ami André Hamel, qui avait décidé, non sans hésitation, de faire le lancement officiel de son roman, «grand-mérois», comme il le dit, qui sous le titre Mourir d'oubli, se veut une oeuvre lyrique en hommage à tout ce qui disparaît. Je tenais à être là car André a lancé le site Internet du club de ski de fond Le Rocher et s'est occupé de sa mise à jour pendant plusieurs années.
De plus, André, que j'avais rencontré pour la première fois lors d'une soirée poésie organisée par la SSJB, a des opinions bien précises que, comme moi, il n'a pas peur d'exprimer dans le Carrefour des lecteurs de notre journal. 
Je me devais d'être là, d'abord pour le revoir et pour écouter ensuite ce qu'il avait à dire cette fois-ci. J'ai assisté à bien des événements culturels de la sorte, mais jamais je ne me serais attendu à voir près de 70 personnes pour un lancement qui se voulait, comme le disait son invitation, sans façon et plutôt une rencontre de gens contents d'être ensemble et heureux d'être là. 
Quels beaux moments nous avons vécus lorsqu'André nous a lu des extraits de son oeuvre qui est fictive avec des dates et des événements aussi fictifs mais qui se rapprochent tellement de la réalité que nous nous reconnaissons à chaque tournure de phrase qui, dans un langage châtié, est comme une musique à nos oreilles.
C'était comme une poésie ininterrompue, tellement imagée qu'on pouvait s'y reconnaître et revivre avec nostalgie les merveilleux moments de notre adolescence et notre jeune vie d'adulte. 
André a dû faire bien des recherches pour que son imaginaire nous ramène en arrière et nous fasse vivre dans des lieux qui eux sont bien réels. 
Je te dis bravo André et je reprends les paroles de ton éditeur qui cite: «Mourir d'oubli est une sorte d'ovni dans le ciel du Québec.» J'ai été heureux de vivre cette belle expérience, qui a dû être bien émotive, avec toi. Je serai à nouveau là le 12 octobre à la bibliothèque Hélène-B.-Beauséjour, du secteur Grand-Mère à 19 h pour ta séance de signature et de «jasage» comme tu le dis si bien. 
On jasera un peu... encore.
Gaston Bouffard
Shawinigan